Cet article, paru initialement dans la revue XYZ (n° 117-4e trimestre 2008) publiée par l'Association Française de Topographie, présente les missions de cet établissement public qui représente la France, ou qui participe, en tant qu’organisme expert, à différentes instances pour répondre à un triple objectif de défense, de sécurité nautique et de coopération internationale. A noter que l'ancêtre du SHOM, le service hydrographique français, date de 1720. Il fut le premier service hydrographique du monde et fut conçu, dès sa création, comme un instrument de l’exercice de la souveraineté de l’État en mer. Le Département des Cartes et Plans de la BNF conserve aujourd'hui les plans historiques du service Hydrographique Français.
Conformément à ses missions, l'établissement est le producteur de référence en matière d’hydrographie et de cartographie marine comme l'IGN l'est devenu pour la cartographie du domaine terrestre. Il était évident que le SHOM allait prendre le tournant de la cartographie numérique et de la géomatique lorsque celle-ci sont apparues. Aujourd'hui le SHOM dispose d'un portefeuille de plus de 500 cartes électroniques de navigation et de 1 100 cartes sous format papier dont on peut découvrir les présentations et catalogues sur le site Internet de l'établissement.
Il est désormais possible de découvrir les différentes cartes publiées par le SHOM grâce à une interface cartographique sur le site Internet du SHOM :

Mais à ce jour la commande en ligne de cartes n'est possible que depuis les sites de partenaires du SHOM .
Il existe deux types de cartes marines électroniques, les cartes vectorielles et les cartes matricielles ou format raster. Les cartes matricielles sont issues du scannage en couleur des cartes papier. La cartographie vectorielle correspond à une numérisation en couches thématiques de chacun des objets qui figurent sur la carte papier (isobathes, sondes, balisage, trait de côte, etc.) et des liens entre certains objets. Les cartes marines électroniques officielles que sont les ENC (Electronic Navigational Chart ou cartes électroniques de navigation), sont des cartes vectorielles alors que les RNC (Raster Navigational Chart ou cartes marines matricielles) sont des cartes matricielles. Les ENC et RNC sont par nature tenues continûment à jour, et elles sont les seules cartes électroniques devant être utilisées par les navires soumis à la Convention SOLAS .
Ainsi on peut observer les similitudes et différences entre la carte électronique, l'ENC et la carte papier ou son équivalent scanné RNC comme dans l'exemple ci-dessous :

Comme pour les cartes de l'IGN, le contenu et le niveau de détail des informations contenues dans les cartes de navigation électroniques sont différents selon les échelles des cartes comme l'illustre l'exemple ci-dessous :

Afin de pouvoir lire les cartes numériques, il existe deux catégories de systèmes de visualisation les ECDIS (Electronic Chart Display and Information System ou systèmes de visualisation des cartes électroniques et d'informations) et les ECS (Electronic Chart System ou systèmes de cartes électroniques) qui sont en fait des systèmes qui ne sont pas conformes aux normes et spécifications internationale de fonctionnement des ECDIS.
Comme son alter ego du domaine terrestre, le SHOM a recours, pour mener à bien son travail de cartographie, à une chaîne complète d'outils et méthodes de production et de validation des données cartographiées à l'image des relevés bathymétriques comme l'illustre le schéma suivant :

Depuis un an, le SHOM fait partie des partenaires du GEOPORTAIL de l'IGN, notamment en mettant à disposition les données de visualisation des fonds sous-marins. Ces données sont issues du projet Litto3D, mené conjointement par le SHOM et l’IGN, et qui est un projet de cartographie du littoral comprenant à la fois la bande côtière terrestre et son prolongement marin immédiat. Litto3D est un modèle numérique altimétrique continu de la mer et de la terre de précision décimétrique, de résolution métrique, au format compatible des systèmes d'information géographique, et qui devrait être mis en production généralisée à partir de cette année.
A noter que le trait de côte, l'un des thèmes essentiels du projet Litto3D, et qui dessine la frontière entre le monde terrestre et le monde marin, est disponible gratuitement en téléchargement sur le site de l'IGN.
Les données de Litto3D seront consultables dans le Geoportail 3D et permettront de disposer d'une visualisation en 3D qualifiée et validée par les services officiels que sont l'IGN et le SHOM et de qualité supérieure à Google Earth, même avec sa future couche bathymétrique.
Modèle altimétrique Litto3D® Modèle altimétrique Litto3D® et Ortholittorales 2000®
Pendant ce temps-là, les "grandes manoeuvres marines" sont engagées outre-Atlantique et même en France puisqu'un billet d'hier sur Baliz-Media nous apprend que Google doit faire une annonce majeure lundi 2 février simultanément aux Etats-Unis et à Paris, probablement pour le lancement de Google Earth Ocean ou Google Ocean. A Paris cette annonce sera faite lors d'une conférence de presse organisée par Google en présence de la veuve du Commandant Cousteau qui préside désormais à la destinée de la Fondation COUSTEAU.
NB : Je tiens à remercier vivement Yves GUILLAM, directeur de la stratégie, de la planification et des relations extérieures du SHOM de m'avoir permis de reprendre certains éléments de son article ainsi que la revue XYZ qui m'a permis de reprendre des éléments de cet article publié dans cette revue et enfin Baliz-Media, une source essentielle pour ce blog.






























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