samedi 31 janvier 2009

Le SHOM et la cartographie des espaces maritimes : entre histoire et modernité

Un article récent paru sur Baliz-Media d'Yves Guillam du SHOM, Service hydrographique et océanographique de la marine, me permet de présenter les activités de cartographie de cet établissement que je faillis rejoindre voici exactement 3 ans si je n'avais fait un autre choix.
Cet article, paru initialement dans la revue XYZ (n° 117-4e trimestre 2008) publiée par l'Association Française de Topographie, présente les missions de cet établissement public qui représente la France, ou qui participe, en tant qu’organisme expert, à différentes instances pour répondre à un triple objectif de défense, de sécurité nautique et de coopération internationale. A noter que l'ancêtre du SHOM, le service hydrographique français, date de 1720. Il fut le premier service hydrographique du monde et fut conçu, dès sa création, comme un instrument de l’exercice de la souveraineté de l’État en mer. Le Département des Cartes et Plans de la BNF conserve aujourd'hui les plans historiques du service Hydrographique Français.
Conformément à ses missions, l'établissement est le producteur de référence en matière d’hydrographie et de cartographie marine comme l'IGN l'est devenu pour la cartographie du domaine terrestre. Il était évident que le SHOM allait prendre le tournant de la cartographie numérique et de la géomatique lorsque celle-ci sont apparues. Aujourd'hui le SHOM dispose d'un portefeuille de plus de 500 cartes électroniques de navigation et de 1 100 cartes sous format papier dont on peut découvrir les présentations et catalogues sur le site Internet de l'établissement.
Il est désormais possible de découvrir les différentes cartes publiées par le SHOM grâce à une interface cartographique sur le site Internet du SHOM :

Mais à ce jour la commande en ligne de cartes n'est possible que depuis les sites de partenaires du SHOM .
Il existe deux types de cartes marines électroniques, les cartes vectorielles et les cartes matricielles ou format raster. Les cartes matricielles sont issues du scannage en couleur des cartes papier. La cartographie vectorielle correspond à une numérisation en couches thématiques de chacun des objets qui figurent sur la carte papier (isobathes, sondes, balisage, trait de côte, etc.) et des liens entre certains objets. Les cartes marines électroniques officielles que sont les ENC (Electronic Navigational Chart ou cartes électroniques de navigation), sont des cartes vectorielles alors que les RNC (Raster Navigational Chart ou cartes marines matricielles) sont des cartes matricielles. Les ENC et RNC sont par nature tenues continûment à jour, et elles sont les seules cartes électroniques devant être utilisées par les navires soumis à la Convention SOLAS .
Ainsi on peut observer les similitudes et différences entre la carte électronique, l'ENC et la carte papier ou son équivalent scanné RNC comme dans l'exemple ci-dessous :


Comme pour les cartes de l'IGN, le contenu et le niveau de détail des informations contenues dans les cartes de navigation électroniques sont différents selon les échelles des cartes comme l'illustre l'exemple ci-dessous :


Afin de pouvoir lire les cartes numériques, il existe deux catégories de systèmes de visualisation les ECDIS (Electronic Chart Display and Information System ou systèmes de visualisation des cartes électroniques et d'informations) et les ECS (Electronic Chart System ou systèmes de cartes électroniques) qui sont en fait des systèmes qui ne sont pas conformes aux normes et spécifications internationale de fonctionnement des ECDIS.
Comme son alter ego du domaine terrestre, le SHOM a recours, pour mener à bien son travail de cartographie, à une chaîne complète d'outils et méthodes de production et de validation des données cartographiées à l'image des relevés bathymétriques comme l'illustre le schéma suivant :


Depuis un an, le SHOM fait partie des partenaires du GEOPORTAIL de l'IGN, notamment en mettant à disposition les données de visualisation des fonds sous-marins. Ces données sont issues du projet Litto3D, mené conjointement par le SHOM et l’IGN, et qui est un projet de cartographie du littoral comprenant à la fois la bande côtière terrestre et son prolongement marin immédiat. Litto3D est un modèle numérique altimétrique continu de la mer et de la terre de précision décimétrique, de résolution métrique, au format compatible des systèmes d'information géographique, et qui devrait être mis en production généralisée à partir de cette année.
A noter que le trait de côte, l'un des thèmes essentiels du projet Litto3D, et qui dessine la frontière entre le monde terrestre et le monde marin, est disponible gratuitement en téléchargement sur le site de l'IGN.
Les données de Litto3D seront consultables dans le Geoportail 3D et permettront de disposer d'une visualisation en 3D qualifiée et validée par les services officiels que sont l'IGN et le SHOM et de qualité supérieure à Google Earth, même avec sa future couche bathymétrique.

Modèle altimétrique Litto3D® Modèle altimétrique Litto3D® et Ortholittorales 2000®

Pendant ce temps-là, les "grandes manoeuvres marines" sont engagées outre-Atlantique et même en France puisqu'un billet d'hier sur Baliz-Media nous apprend que Google doit faire une annonce majeure lundi 2 février simultanément aux Etats-Unis et à Paris, probablement pour le lancement de Google Earth Ocean ou Google Ocean. A Paris cette annonce sera faite lors d'une conférence de presse organisée par Google en présence de la veuve du Commandant Cousteau qui préside désormais à la destinée de la Fondation COUSTEAU.

NB : Je tiens à remercier vivement Yves GUILLAM, directeur de la stratégie, de la planification et des relations extérieures du SHOM de m'avoir permis de reprendre certains éléments de son article ainsi que la revue XYZ qui m'a permis de reprendre des éléments de cet article publié dans cette revue et enfin Baliz-Media, une source essentielle pour ce blog.

vendredi 30 janvier 2009

A Davos on parle beaucoup et on joue aux cartes

La conférence annuelle de Davos-Klosters baptisée Forum Economique Mondiale de Davos, s'est ouverte à Davos en Suisse le 28 Janvier et doit se terminer le 1er Février. Les médias couvrent largement cette manifestation où son tattendues 2500 personnes et qui, comme chaque année, regroupe des personnalités politiques et économiques parmi les plus connues ou considérées comme "les plus puissantes" de la planète.
Le thème de cette année est "Shaping the Post-Crisis World" (qu'on peut traduite approximativement par "Redessiner le monde de l'après-crise"). Qu'est-ce à dire ?
Pour Klaus Schwab, l'un des fondateurs et Président Exécutif de ce forum, "Redessiner le monde de l'après-crise signifie par-dessus tout d'intégrer la responsabilité écologique, global et inter-générationelle dans tout ce que nous supportons individuellement ou collectivement. Nous devons réfléchir au monde que nous voulons dans 10, 20 et 30 ans et imaginer quel monde nous laisserons à la prochaine génération."
Prétendre pouvoir se projeter aussi loin ne serait-il pas un peu "décalé" ? En ces temps où pour la très grande majorité des peuples des pays les moins riches de la planète et pour nombre de personnes dans les pays dits développés, le monde l'après-crise paraît bien loin. Ce qui compte c'est le quotidien et le futur, qui n'a pas toujours le goût espéré, se limite souvent au lendemain. Probablement avons-nous besoin de gens qui réfléchissent à après-demain... Mais les mêmes visionnaires, lors de l'édition 2008 de ce forum, n'ont pas vu arriver, dans leur boule de cristal, la crise financière et économique dans laquelle a plongé le monde en quelques mois. D'ailleurs, en coulisse, Klaus Schwab reconnaît que le Forum "ne fera pas jaillir de solutions magiques".
A côté des paroles et des discours, et peut-être aussi pour les illustrer ou les rendre un peu plus crédibles, le site Internet du forum propose une application de cartographie thématique interactive, réalisés par Maplecroft.

Maplecroft produit de nombreuses études et cartes dont certaines sont mises sous forme d'atlas interactif comme le rapport "Changement climatique. Analyse des risques et cartographie pays par pays pour 2008/2009"

(Accéder au site ici)

Pour chaque pays on peut ensuite accéder à une fiche détaillée téléchargeable au format .pdf.

(Accéder ici à la fiche de l'Argentine).

Au même moment, et c'est devenu une tradition désormais, a lieu le Forum Social Mondial, sorte de contre-point au forum de Davos. Cette année, le Forum Social Mondial se tient du 27 janvier au 1er février 2009 à Belém, dans l'Etat du Pará au Brésil.
A défaut de vous rendre sur place et de visiter la ville et ses environs, je vous invite à visiter les nombreuses cartes sur le site de l'Instituto Brasileiro de Geografia e Estatística, et en particulier le site de cartographie interactive.


Accéder au site ici

jeudi 29 janvier 2009

A propos de Mercator

Je m'aperçois que je ne vous ai jamais présenté celui dont ce blog utilise un portrait : Gérard ou plutôt Gerardus Mercator.

(A noter que le site Georezo, emprunte également ce portrait de Mercator, ce dont je me suis aperçu après avoir décidé moi-même de l'utiliser. Le hasard existe-t-il vraiment dans le monde de la géomatique ?...)
Quelques mots de présentation s'imposent.
Gérard de Cremere ou Kremer est né le 5 mars 1512 à Rupelmonde en Belgique et mort le 2 décembre 1594 à Duisbourg en Allemagne. Il était mathématicien et géographe.
La projection de Mercator est une projection cylindrique du globe terrestre sur une carte plane, formalisée en 1569 par Gérard Mercator.
L’originalité de la projection de Mercator repose sur la projection de la surface terrestre sur un cylindre tangent à l’équateur ce qui présente l’avantage de ne pas déformer les angles. On parle aussi de représentation cylindrique tangente, où les méridiens sont espacés régulièrement tandis que la distance entre les parallèles augmente avec la latitude. Ce qui exagère beaucoup les surfaces au fur et à mesure qu’on s’éloigne de l’équateur.
La projection de Mercator est une projection conforme, c’est-à-dire qu'elle conserve les angles. Les lignes droites sont des lignes d'azimut constant ce qui est particulièrement utile aux marins même si le trajet n'est pas le chemin le plus court.
Les parallèles et les méridiens y sont dessinés en lignes droites. Un étirement des surface Est-Ouest en dehors de l'équateur se double d'un étirement Nord-Sud correspondant. Ainsi l'échelle Est-Ouest est partout identique à l'échelle Nord-Sud.
Afin de bien comprendre ce qu'est la projection de Mercator, je vous propose cette animation video (déjà proposée ici)


Une carte de Mercator ne peut couvrir correctement les pôles qui seraient placés très hauts sur la carte comme le montre cette carte.


Comme souvent lors de découvertes ou de nouvelles représentations du monde, la religion voulut avoir son mot à dire sur les travaux de Mercator. Celui-ci fut soupçonné d'hérésie à tel point qu'il dut quitter Louvain en 1533. Dix ans plus tard, il fut arrêté à Anvers, mais réussit à ne pas trop subir les foudres de l'église.
Quelques années après son père, Rumold Mercator (1545 - 1599), le fils de Gérard, poursuivit l'oeuvre de son père et établit des cartes dont celle-ci, mais qui ne semble pas respecter rigoureusement les principes de la projection définie par son père.

(Pour l'afficher en grand, cliquer ici)

Et pour finir ce billet sous forme d'hommage, voici l'image d'une sculpture de sable vue du ciel dans Google Maps du portrait de Mercator regardant vers la mer, à l'image de la sculpture de sable du portrait du Président Obama (réelle celle-ci) déjà présentée ici :

(Photo "non-contractuelle")

NB : En ce jour de grève, annoncée comme très suivie, vous trouverez ici une cartographie "très engagée" relayée par le blog cartographique du journal 20 minutes.

mercredi 28 janvier 2009

Google Earth fait son cinéma

J'ai déjà parlé ici des liens possibles entre géomatique et cinéma.
Aujourd'hui c'est carrément à une plongée dans l'horreur et la psychose que je vous invite à l'aide de Google Earth.
Vous pourrez ainsi trouver ici la maison et le motel de Norman Bates, le personnage principal du film d'Alfred Hitchcok "Psychose" qui fut tourné en 1960 dans les studios Universal à Hollywood en Californie.

Pour afficher ces éléments 3D dans Google Earth il suffit de cliquer ici. Attention, âmes sensibles s'abstenir...


Si vous vous rapprochez de la maison de Norman Bates, incarné par l'acteur Anthony Hopkins, vous pourrez le découvrir rentrant dans la chambre de sa mère.


Enfin si vous vous dirigez vers le motel, vous pourrez découvrir l'un des horribles meurtres perpétrés par Norman Bates et vous serez presque le témoin impuissant de la très célèbre scène du crime dans la douche.


Pour les amateurs de la bande originale de ce film, vous pourrez retrouver celle-ci ici, et en particulier ici le thème de la scène de crime dans la douche.
Une visite des lieux par Sir Alfred Hitchcock "himself" est proposée ci-dessous :


Si vous voulez retrouver dans Google Maps les lieux de tournage de nombreux films parmi les plus connus du cinéma mondial (surtout du cinéma américain), vous pouvez aller visiter ce site ou encore celui-ci (déjà ajouté en commentaires sur le billet à propos d'Easy Rider).

mardi 27 janvier 2009

Les cartes après la tempête

La tempête Klaus qui a balayé les 24 et 25 juillet 2009 une grande partie du sud-ouest de la France ainsi qu'une partie du nord de l'Espagne, a causé le décès de 8 personnes (dont 4 par intoxication au monoxyde de carbone). 520 000 foyers ont été privés d'électricité, l'eau potable est progressivement rétablie et les dégâts se chiffreront probablement en millions d'euros de dégâts, peut-être encore plus que lors de la tempête de 1999 qui avaient vu deux ouragans se succéder à quelques heures d'intervalle (Lothar le 26 décembre et Martin les 27 et 28 décembre 1999).
Dès le 23 juillet le site de MeteoFrance a émis un bulletin d'alerte en plaçant en alerte rouge plusieurs départements du sud-ouest, information largement relayée par les medias.

(Copyright MeteoFrance)
Le site de surveillance et d'annonces des crues, Vigicrues, a lui aussi émis des alertes oranges qu'on peut suivre sur sa carte nationale de vigilance crues. Mais il semble que les cas d'inondations aient été relativement limités.

(Copyright SCHAPI)
A noter que ce site permet, par bassins hydrographiques, d'accéder en temps quasi-réel aux hauteurs d'eau relevés sur des stations réparties sur les cours d'eau permettant ainsi de suivre la montée des eaux. Des fonctionnalités similaires sont proposées par des sites régionaux comme le site d'annonce des crues du Bassin de la Dordogne.
A peine cette tempête était-elle passée que les internautes ont pu déposer leurs témoignages et reportages audiovisuels sur des sites collaboratifs comme le site du journal gratuit 20 Minutes. Ce site dispose ainsi d'une rubrique cartographique baptisée ""L'info à la carte"" qui propose une cartographie de localisation des témoignages des internautes qui s'appuie sur Google Maps et Youtube ou Dailymotion (signalé par le blog GoogleMapsMania). Attention le site semble plus ou moins bien fonctionner...c'est peut-être le deuxième effet Klaus...

Agrandir le plan
D'autres medias ont eux aussi fait oeuvre de "cartographie audiovisuelle" comme par exemple le site d'Europe 1.

Agrandir le plan
Pour prendre l'ampleur des dégâts causés à la forêt landaise, je vous invite à consulter les sites de l'ONF Sud-Ouest mais surtout les documents très pédagogiques et les nombreuses données chiffrées et cartes du site de l'IFN.
En particulier il faut consulter "La forêt en chiffres et en cartes", où l'on peut découvrir l'importance de la culture du pin maritime en région Aquitaine (p.20). Ainsi, sur un total en France de 1100000 hectares de forêts de pins maritimes dédiées à la production de bois, 830000 hectares se trouvent en région Aquitaine, ce que montre parfaitement cette carte.

(Copyright IFN)
De même ces deux autres cartes de l'IFN montrent deux autres facteurs de la fragilité de la forêt landaise : sa monoculture de pin maritime et l'importance de la part de la forêt privée.

(Copyright IFN)
Enfin le site de cartographie dynamique de l'IFN disponible ici, permet d'aller beaucoup plus loin, par communes, par départements ou pour la France entière, dans la connaissance de la forêt française (SCAN25 de l'IGN en fond cartographique).

(Copyright IFN)

Aujourd'hui, les personnels de l'IFN vont évaluer les dégâts occasionnés par la tempête Klaus comme ils l'ont fait pour la tempête de 1999 où près d'un million d'hectares (soit la moitié des départements français) avaient été atteints de manière significative et dont voici la cartographie des dégâts relevés à l'époque :

(Copyright IFN, extrait de L'IF n° 2, décembre 2003 LES TEMPÊTES DE DÉCEMBRE 1999 BILAN NATIONAL ET ENSEIGNEMENTS)

A noter au passage une publication très récente et très intéressante de l'IFN (L'IF n° 20, 3e trimestre 2008 NOUVELLE CARTOGRAPHIE FORESTIÈRE DE LA PRODUCTION À L’UTILISATION) consacrée à la nouvelle cartographie de cet institut.

Pendant ce temps là sur Facebook, 6 groupes ont déjà créés dont le groupe "J'ai eu peur durant la tempête dans le Sud-Ouest" où l'on y retrouve la carte d'alerte de MeteoFrance montrée ci-dessus et ... une journaliste de France 2 qui cherche des témoignages pour une émission spéciale "Tempête du Sud-Ouest".

lundi 26 janvier 2009

L'histoire de Paris retrouvée grâce à d'anciens plans cadastraux numérisés

Après le futur de Paris évoqué dans le billet d'hier, voici un billet sur le passé de la capitale.
J'ai déjà parlé ici du plan cadastral français et, dorénavant, de sa disponibilité sous forme numérique sur Internet.
Des chercheurs français historiens, archéologues, informaticiens, géomaticiens, se sont associés au travers du programme de recherche ALPAGE (AnaLyse diachronique de l'espace urbain PArisien : approche GEomatique) pour reconstituer et étudier l'évolution de l'espace parisien au cours du 19ème siècle, en faisant largement appels aux techniques de la géomatique. Ce programme de recherche, financé à hauteur de 300 000 euros par l'ANR et placé sous la coordination d'Hélène Noizet, maître de conférences en histoire médiévale à l'Université Paris-1, regroupe 4 équipes de recherches, 3 en Sciences Humaines et Sociales et 1 en Sciences et Technologies de l'Information et de la Communication :
- LAMOP de Paris-1, porteur du projet, qui comprend des historiens et archéologues médiévistes spécialistes de Paris ou d'histoire urbaine
- LIENSS de La Rochelle, avec des géographes spécialisés en géomatique
- ArScAn à Nanterre, rassemblant des géomaticiens compétents en SIG en archéologie, des archéologues et historiens d'art spécialistes de Paris
- L3i de la Rochelle, regroupant des informaticiens spécialisés en reconnaissance des formes et vectorisation
Le projet réside dans la mise en place de couches cadastrales géoréférencées, à partir desquelles pourront être créées des couches de type historique, notamment la topographie historique et les circonscriptions administratives médiévales et modernes. Les plans-sources correspondent au cadastre par îlots de l'Atlas Vasserot (1810-1836) pour les anciens 12 arrondissements, l'objectif étant de couvrir l'espace parisien délimité par le mur des Fermiers généraux.
Ce projet vise à mettre en place des outils de travail mutualisés STIC-SHS permettant de développer les recherches concernant l'espace urbain parisien, à savoir des logiciels de reconnaissance des formes adaptés aux plans cadastraux anciens et un Système d'Information Géographique comprenant des couches cadastrales et historiques. C'est une nouvelle approche du milieu urbain, intégrant réellement la dimension spatiale, qui pourra être mise en œuvre grâce aux apports de disciplines récentes (imagerie industrielle, géomatique et archéogéographie).
Le choix de Paris s'explique par l'intérêt suscité par la capitale française dans le milieu scientifique et surtout par l'extraordinaire potentiel documentaire : les matériaux historiques existent bel et bien, mais ont été insuffisamment exploités jusque-là faute d'outils adaptés.

Vue générale du travail de géoréférencement en octobre 2008. La totalité du géoréférencement devrait être achevé d'ici février 2009.

L'un des domaines essentiels de travail des chercheurs est de disposer d'un géoréférencement de qualité et relativement homogène sur l'ensemble de l'espace parisien concerné.

Exemple d'affichage de plans cadastraux scannés et géoréférencés dans le logiciel utilisé

Un autre aspect du travail consiste à transformer les plans raster issus de leur scannage, en plans vecteurs, permettant de disposer de données individualisées par couches d'information en bases de données. On retrouve ici des problèmes communs à ceux du cadastre numérique actuel déjà évoqué dans notre billet précédent sur le sujet.

Exemple de plan cadastral scanné (à gauche) et résultat de sa vectorisation (à droite) à l'aide des outils développés par les chercheurs

Une autre partie importante du travail réside dans l'utilisation de normes et d'outils de gestion et de catalogage des métadonnées (informations descriptives sur les données géoréférencées) qui doivent permettre une réutilisation facilitée des données et des résultats de ce programme par d'autres personnes à l'issue de celui-ci.

Le futur outil servira de support à l'enseignement dans les universités et écoles concernées. À plus long terme, il sera possible d'assurer une diffusion plus large de cet outil via internet.
Les objectifs scientifiques de ce programme sont multiples :
- construire des outils de reconnaissance des formes innovants et adaptés aux plans cadastraux anciens,
- produire des états des lieux de l'espace urbain parisien en fonction d'une échelle variable,
- intégrer la dimension géographique et physique dans les relations sociétés/milieux,
- utiliser des modèles explicatifs pour expliquer la répartition géographique des objets,
- analyser la morphologie du parcellaire à l'échelle de la ville.
Quant aux résultats attendus au bout des 3 années de ce programme (2007-2009), ils sont à la fois méthodologiques et technologiques :
- des logiciels innovants pour la reconnaissance des formes sur les documents cadastraux anciens,
- des avancées tangibles en matière de modèles de données pour la gestion des données historiques, qui est l'un des domaines de limitation de nombreux SIG actuellement,
- d'un premier SIG comprenant les informations historiques intégrées en fonction des compétences des chercheurs SHS impliqués.

A n'en pas douter, ce programme de recherche n’intéressera pas seulement les chercheurs qui travaillent dans les domaines concernés mais aussi de nombreux amateurs de l'histoire de l'aménagement et de l'urbanisme de l'espace parisien. Au-delà, les résultats méthodologiques et technologiques qu'il est prévu d'atteindre, devraient intéresser beaucoup d'autres chercheurs et utilisateurs d'informations géographiques mais aussi les publics scolaires et universitaires.

NB : Merci à Hélène Noizet pour m'avoir permis de publier ce billet et pour m'avoir autorisé à utiliser certains éléments de texte et images du programme ALPAGE.

dimanche 25 janvier 2009

Paris conjugué au futur et au futur antérieur

En octobre 2008, l'Atelier Parisien d'URbanisme (APUR)a publié un petit ouvrage, accompagné d'un DVD-Rom, intitulé "Livre Paris 21ème siècle" (12€).

(Copyright APUR.org)
Ce livre, préfacée par la 1ère adjointe au Maire de Paris, Anne Hidalgo, se veut à la fois une photographie de la géographie de la capitale mais aussi le reflet des réflexions et perspectives de développement et d'aménagement pour les prochaines années.
Le DVD-Rom complète utilement le livre puisqu'il présente sous la forme de fichiers .pdf organisés par arrondissements, des données chiffrées nombreuses et précises.

(Copyright APUR.org)
Des textes, des cartes, des photos, des photos aériennes (d'InterAtlas) et des images 3D simulées présentant certains projets architecturaux et urbanistiques des prochaines années, visent à répondre à une triple ambition que se fixe cet ouvrage et le DVD-Rom associé "S'inscrire dans l'histoire, au coeur de l'actualité, et aussi dessiner les perspectives de ce que sera la capitale dans les prochaines décennies".

(Carte de la structure urbaine. Copyright APUR.org)
Ces travaux ont été réalisés par les équipes de l'APUR (démographes, sociologues, économistes, géographes, architectes, urbanistes, etc.). Cet ouvrage complète utilement les sites de cartographie numérique de la Ville de Paris que j'ai déjà cités ici.

Pour faire le pendant à ce livre à plus d'une centaine d'années d'écart, et pour voir ce que certains projets architecturaux avaient prévu pour la capitale à la fin du 19ème siècle, on peut aller visiter l'exposition qui a lieu actuellement au Musée d'Orsay à Paris "Paris probable et improbable" jusqu'au 1er février 2009.

(Projet de monument à la gloire de la Révolution Française)
Parmi les projets grands travaux de modernisation de Paris au 19ème siècle présentés par cette exposition (un peu courte), d'innombrables ne furent pas réalisés mais ils influencèrent profondément le développement architectural de la capitale.
L'exposition présente des dessins issus des collections du musée d'Orsay qui permettent d’évoquer les projets imaginés pour des édifices publics comme la Sorbonne, la caserne des Célestins, l'Opéra comique ou encore le Grand Palais, et des aménagements urbains comme les Tuileries, la place de la Concorde ou l'île de la Cité.
Pour en savoir plus, on peut se rendre sur le site de l'exposition.
Cette exposition se conclut sur ces mots d'André Gide extrait des Nouvelles Nourritures Terrestres (1935) :
"Comme si tout grand progrés n'était pas dû à de l'utopie réalisée! Comme si la réalité de demain ne devait pas être faite de l'utopie d'hier et d'aujourd'hui".

samedi 24 janvier 2009

Peindre sa carte sur mesure ou comment la recherche nous aidera à devenir des "maîtres cartographes"

J'ai déjà parlé ici du service disponible sur le site de l'IGN, baptisé "La carte à la carte", qui permet de commander une carte topographique papier de l'IGN sur mesure, en la centrant sur un lieu défini interactivement et en l'habillant d'images, d'un titre et de textes d'accompagnement de son choix. J'avais même évoqué Dali à la fin de ce billet.
J'ai aussi évoqué ici comment Google propose depuis quelques jours de visiter de façon virtuelle 14 tableaux parmi les plus connus du Musée du Prado à Madrid.
C'est à la rencontre entre un service de cartographie en ligne sur mesure et des grands maîtres de la peinture que nous invite Sidonie Christophe, chercheur au laboratoire COGIT de l'IGN , sous la direction d’Anne Ruas, et encadrée par Bénédicte Bucher.
J'ai évoqué ici le constat que de plus en plus de cartes réalisées de façon numérique par des utilisateurs non-experts de logiciels ou de services de cartographie en ligne, ne respectent pas les règles de sémiologie graphique, notamment celles édictées par Jacques Bertin.
Fort de ce constat, le travail de recherche de Sidonie Christophe vise à aider les amateurs de cartes sur mesure à réaliser des cartes topographiques à la fois belles et correctes sémiologiquement, sans pour autant restreindre la créativité de leurs auteurs. Pour cela, il faut mettre à disposition un outil interactif qui permette de rédiger des légendes cartographiques satisfaisantes et efficaces.
Cette application s’appuie sur une base de connaissances cartographiques ainsi que sur deux stratégies de conception, qui proviennent de deux façons de concevoir une légende.
La première stratégie s’appuie sur des échantillons de petites cartes comme illustré ci-dessous, où on a appliqué des légendes variées sur un même jeu de données géographiques. Il s’agit pour l’utilisateur de piocher des éléments qui lui plaisent dans ces échantillons et de les assembler pour créer de nouvelles légendes. Le système propose une sélection d’échantillons à l’utilisateur qui va faire des commentaires "j’aime cette couleur rouge", "je n’aime pas ce bleu pour le thème mer". A partir de ces contraintes de l’utilisateur, le système va pouvoir lui proposer des légendes correctes et variées.


La deuxième stratégie consiste à utiliser des palettes de peintres connus comme Derain, Klimt, Titien ou encore Van Gogh qui peuvent aider à améliorer le processus d’exploration des couleurs lors de la conception de légende.
Il y a deux étapes pour utiliser les peintures de ces maîtres:
1. Extraire les couleurs d'un tableau pour constituer sa propre palette
2. Concevoir des légendes avec ces couleurs : ceci passe d'abord par l'utilisation des règles du peintre
Dans l'exemple qui suit, on part du tableau d'André Derain "Montagnes à Collioure" (1905) actuellement à la National Gallery of Art, Washington, John Hay Whitney Collection 1982.76.4, visible ici et dont on extrait une palette correspondant aux règles du peintre qu'on appelle aussi sa grammaire artistique.


Palette extraite à partir des "Montagnes à Collioure" de Derain


L’application des couleurs de la palette préalablement obtenue à la cartographie à réaliser se fait en respectant tout d’abord des règles conventionnelles d’utilisation des couleurs : les bleus sont réservés pour représenter la mer et l’hydrographie, les verts sont réservés à la représentation de la végétation. Pour les autres couleurs de la palette, on va plutôt appliquer des règles de contraste : deux thèmes différents doivent avoir des teintes différentes, deux thèmes en association doivent avoir des teintes proches, le fond cartographique doit être suffisamment clair et les petits objets en superposition suffisamment foncés. En respectant ces règles on obtient les résultats suivants :

Cartes réalisées à partir des "Montagnes à Collioure" de Derain

Les légendes respectent pour le moment scrupuleusement les couleurs du peintre, ce qui nécessite parfois une retouche des couleurs pour améliorer les contrastes. Par exemple, la couleur du tableau de Derain pour le fond cartographique est un peu foncée et doit être atténuée, pour obtenir un meilleur contraste global.

Un autre exemple permet d'illustrer les résultats obtenus pour la même cartographie. A partir de cet autre tableau "La vierge et l’enfant avec Sainte Catherine" du Titien (1485/1488-1576),

Palette extraite à partir de "La vierge et l’enfant avec Sainte Catherine" du Titien


Cartes réalisées à partir de "La vierge et l’enfant avec Sainte Catherine" du Titien

Ce travail de recherche, même s'il n'est pas encore achevé, paraît très prometteur. On ne peut être qu'impatient de pouvoir exploiter les résultats de ce beau travail de recherche qui allie l'art et la géomatique et qui devraient nous aider à devenir un jour, peut-être, de véritables "maîtres cartographes".

Références bibliographiques :
Christophe S., 2008, Concevoir des légendes topographiques à l'aide de palettes de peintre, "Le monde des cartes" Comité Français de Cartographie, N°196, Juin 2008.
Christophe S., 2008, Creative cartography based on dialogue, In the proceedings of the Conference AutoCarto 2008, 8-10 September

vendredi 23 janvier 2009

Guantanamo : "Les portes du pénitencier bientôt vont se refermer"

A peine avait-il pris ses fonctions que le nouveau Président des Etats-Unis a annoncé la cessation de toutes les procédures en cours contre les prisonniers détenus dans la prison de Guantanamo, située sur la base navale américaine du même nom située au sud-est de l'île de Cuba. Le lendemain le même Président a signé le décret prononçant la fermeture, dan sun délai d'un an, de ces prisons où sont enfermés environ 220 détenus "hors de cause", c'est-à-dire sans objet d'inculpation. La fermeture de la prison de Guantanamo avait été demandée depuis des années par de nombreuses ONG dont Amnesty International.

Agrandir le plan
Les coordonnées du centre approximatif de la prison sont les suivantes : N 19.9028081, E -75.099689
Les medias nous ont remontré ces jours-ci quelques unes des très rares images disponibles sur les prisonniers détenus à Guantanamo, qui le sont presque tous depuis les attentats du 11 septembre 2001 et les guerres d'Afghanistan et d'Irak.

(Copyright France 3)
Sur le site "Zone interdite" on peut découvrir les images de reconstitution en 3D de plusieurs lieux de détention dans le monde sur lesquels la loi du silence et du secret militaire s'impose.
La rubrique du site consacrée à la prison de Guantanamo se trouve ici. Elle présente notamment une interface cartographique interactive.

(Copyright Zone interdite)
On peut y trouver une reconstitution minutieuse en 3D des différentes camps constituant cet ensemble pénitentiaire qui semblait, ces dernières années, à l'écart des lois internationales en vigueur.

(Copyright Zone interdite)

Mais le site "Zone interdite" propose aussi de télécharger gratuitement le logiciel qui permet une navigation 3D dans tout cet ensemble pénitentiaire d'un autre âge. Ce logiciel 3D, baptisé "Guantanamo", est à installer en local sur votre poste (attention, il faut un poste relativement "solide"). Une fois l'installation effectuée, vous pourrez vous "promener" en 3D, en particulier dans le camp Delta.

(Copyright Zone interdite)
Pour les amateurs de Google Earth, une cellule type a été reconstituée en 3D avec Google Sketchup. Vous pouvez ensuite l'implanter dans Google Earth "à l'endroit de votre choix" si vous vous sentez une âme de gardien de pénitencier. Et vous pourrez ensuite, si le coeur vous en dit toujours, d'enfermer dans cette cellule un prisonnier type de Guantanamo, également reconstitué avec Google Sketchup.

Peut-être qu'un jour, les prisons de Guantanamo deviendront un lieu touristique comme l'est aujourd'hui la prison d'Alcatraz dans la baie de San Francisco. Il est vraiment des changements de la valeur symbolique et de l'usage des lieux qui sont troublants...

jeudi 22 janvier 2009

Naviguer dans Lutèce en 3D

J'ai déjà évoqué ici la possibilité de naviguer en 3D avec Google Earth dans la Rome antique.
Une nouvelle exposition "Les grands monuments de Lutèce, premier projet urbain de Paris" a ouvert hier à la Crypte Archéologique du Parvis de Notre-Dame. Cette xposition, dont vous pouvez découvrir ici le communiqué de presse, se tiendra jusqu’au 31 janvier 2010.


"Les visiteurs sont invités à découvrir et explorer les monuments emblématiques de Lutèce: le forum, les thermes, l’amphitéâtre… Un travail long et documenté réalisé par des spécialistes, chercheurs, archéologues et infographistes 3D a permis aujourd’hui de restituer ces monuments disparus en 3 dimensions. Les visiteurs peuvent ainsi comparer la ville antique et la capitale contemporaine et prendre conscience de l’héritage laissé".

On peut aussi découvrir la reconstitution en 3D de nombreux bâtiments et monuments de la capitale sur le site Paris.culture.fr.
Les vues panoramiques, objets virtuels, et adaptation des cartes et plans disponibles pour Lutèce à la période romaine sont notamment le fruit du travail admirable d'Alban-Brice Pimpaud, infographiste spécialisé dans la réalisation d’images de synthèse pour la visualisation architecturale et la restitution archéologique. Je vous invite à visiter son site.
Cette nouvelle exposition a bénéficié d'une couverture médiatique particulière à l'occasion de la diffusion d'un reportage lors de l'émission "Des racines et des ailes" sur France 3 le 21 janvier 2009.
Pour les amateurs de cartes de Lutèce, le site de la BNF permet de consulter plusieurs cartes anciennes qui restituent l'image qu'on se faisait au 18ème siècle de l'ancienne cité, comme par exemple cette carte intitulée "Lutèce ou premier plan de la ville de Paris tiré de Cesar, de Strabon, de l'Empereur Julien et d'Ammiam Marcellin" réalisée par Jean-Baptiste Bourguignon d'Anville (1697-1782)

A noter que l'image de cette carte est libre de droit.
On peut consulter cette carte grâce au dispositif prévu à cet effet sur le site de la BNF.
Pour la reconstitution en 3D de Lutèce, je ne m'étonnerai pas d'apprendre que nous ne pourrons bientôt naviguer dans ceux-ci à l'aide de Google Earth, comme pour la Rome antique. On peut déjà télécharger certains monuments reconstitués en 3D de Lutèce pour les afficher dans Google Earth comme les arènes.

mercredi 21 janvier 2009

L'INSEE compte sur vous

Depuis le 15 janvier et jusqu'au 21 février 2009 a lieu la campagne annuelle du recensement sous l'égide de l'INSEE

Dans les communes de 10 000 habitants ou plus, 8 % des adresses sont recensées chaque année. Sur une période de cinq ans, tout le territoire est pris en compte et les résultats sont calculés à partir de l’échantillon de 40% de leur population ainsi constitué.
Si vous habitez une commune de plus de 10 000 habitants, vous pouvez contacter votre mairie pour savoir si vous êtes recensé cette année.
Vous pourrez découvrir ici les résultats des enquêtes annuelles de recensement.
Un nouveau dispositif de diffusion des résultats du recensement est disponible ici.
Pour les grandes villes les résultats des enquêtes de 2004 à 2007 peuvent être consultés ici.
Pour les communes de moins de 10 000 habitants, les résultats pour ces mêmes enquêtes sont disponibles ici.

(Source et copyright www.insee.fr)
Les chiffres clés par type de "produit INSEE" et niveau géographique sont consultables ici et les données sont téléchargeables gratuitement au format EXCEL.
A partir de ces données, il devient "simple" de produire soi-même ses propres cartographies à l'aide de logiciels prévus à cet effet.

(Source : htpp://geolycee.magnard.fr Copyright MAGNARD)
A Paris, plusieurs arrondissements sont concernés.
"A partir du jeudi 15 janvier 2009, les agents recenseurs, identifiables grâce à leur carte officielle tricolore avec photographie, déposeront à votre domicile les documents suivants : une feuille de logement, un bulletin individuel pour chaque personne vivant habituellement dans le logement, ainsi qu’une notice explicative sur le recensement et sur les questions qui peuvent vous interpeller. L’agent recenseur, si vous le souhaitez, pourra vous aider à remplir les questionnaires et les récupèrera une fois remplis".

mardi 20 janvier 2009

GoogleMaps vous aide à prendre les transports en commun

J'ai déjà parlé ici de plusieurs sites qui proposent en s'appuyant sur Google Maps ou d'autres services comparables, des cartographies en ligne (plus ou moins en temps réel) des trafics routiers, voire des trafics ferroviaires et aériens.
Google a récemment annoncé sur un de ses blogs la disponibilité dans Google Maps d'une nouvelle couche baptisée "Transports en commun". L'information a déjà été largement relayée par GeoInWeb et par MapRoom.
A ce jour, Google propose cette nouvelle couche dans Google Maps pour les villes suivantes : Belo Horizonte, Berlin, Bordeaux, Brasilia, Cairo, Capetown, Caracas, Chicago, Copenhagen, Dallas, Dortmund, Duisburg, Düsseldorf, Ekaterinburg, Essen, Frankfurt, Genoa, Guadalajara, Hamburg, Helsinki, Johannesburg, Kazan, Köln, Lille, Lisbon, London, Lyon, Madrid, Marseille, Medellin, Mexico City, Monterrey, Montreal, Munich, Naples, Nizhniy Novgorod, Oslo, Paris, Perth, Portland, Porto, Porto Alegre, Prague, Pretoria, Recife, Rennes, Rio de Janeiro, Samara, San Francisco, Santiago, Sao Paulo, Seattle, Strasbourg, Toulouse, Tunis, Vienna, Warsaw.
Voilà ce que cela donne pour Paris et la région parisienne.

Agrandir le plan

Personnellement, pour l'instant, je trouve cette couche d'information moins riche que celle proposée depuis plusieurs mois sur ce site développé par les laboratoires ACME.
Ce site propose les interconnexions entre lignes pour aller d'une station à une autre, ce que ne propose pas (encore ?) Google.

Pour les amateurs d'une production française concernant les lignes des transports parisiens, il y a la "belle" cartographie interactive de la RATP.


Pour les adeptes d'une cartographie qui permet un calcul d'itinéraires s'appuyant sur les données du STIF, le site Navitia, développé par CanalTP (cité par GeoInWeb), doit pouvoir vous contenter... mais peut-être qu'en partie : on a le sentiment que le site n'est pas vraiment fini.
Pour ceux qui veulent de la video en plus de la cartographie, il est possible de regarder l'état du trafic à partir de webcams. Mais ce site n'existe pour l'instant que pour certaines villes des Etats-Unis, d'Australie, du Canada, du Danemark, de Nouvelle Zélande, du Royaume-Uni.
Enfin pour nos amis suisses qui aiment leurs très nombreux funiculaires, ils peuvent retrouver ceux-ci ici et ici pour les funiculaires à bateaux, deux sites s'appuyant sur Google Maps.

lundi 19 janvier 2009

Quand le Président Obama prend ses fonctions dans Google Maps et Google Earth

Demain, 20 janvier 2008, aura lieu la cérémonie d'investiture du nouveau Président des Etats-Unis, Barack Obama, élu le 4 novembre dernier. Cette cérémomie, placée sous très haute surveillance, a lieu à Washington, capitale politique des Etats-Unis. Avant de prendre ses fonctions à la Maison Blanche, le Président Obama va parcourir, avec sa famille (et pas mal de services de sécurité), un itinéraire appelé "la Parade", entre le Capitole et la Maison Blanche.
Vous pouvez retrouver l'itinéraire de cette Parade ci-dessous.

View Larger Map
Pour ceux qui veulent suivre cette cérémonie, ce site de Fox Television Stations propose tout un ensemble d'informations, cartes, images d'archives, etc. et le suivi video en direct de cette journée historique.
Dans Google Earth, vous pourrez retrouver ici certaines de ces informations (itinéraire, etc.) qui pourront presque vous donner l'impression d'être sur place, comme des millions de personnes qui sont attendues demain.
La Parade démarrera au Capitole, où le nouveau Président prêtera serment vers midi (heure locale) ...

... et la Maison Blanche lieu de résidence du Président des Etats-Unis, soit un peu plus de 1,5 kms.


Vous pouvez même parcourir depuis chez vous dans Google Earth l'itinéraire de la Parade. Apparemment il s'agit d'une voiture blindée (mais on dirait plutôt la Papamobile), au cas où vous soyiez victime d'un attentat virtuel.

dimanche 18 janvier 2009

Paris-Dakar 2009 ou de l'importance du carnet de route

Hier les participants encore en course, sont arrivés à Buenos-Aires, lieu de départ et d'arrivée de l'édition 2009 de la course Paris-Dakar... qui n'est pas plus partie de Paris qu'elle n'est arrivée à Dakar (j'aime beaucoup ce genre de géographie réinventée...).
Les 14 étapes de cette course (auto, moto, camions, quad) ont conduit les pilotes sur 9.574 kilomètres en Argentine et au Chili, et les a fait traverser deux fois la Cordillère des Andes et longer les océans atlantique et pacifique. Quel voyage !
Sur le site Internet de la course, on pouvait trouver une carte de l'ensemble du parcours (dont une carte détaillée au format .pdf) et une carte détaillée pour chacune des étapes ainsi que les différentes formations (sables, pierres, tourbières,etc.) que les concurrents allaient rencontrer.

(Copyright Amaury Organisation)

Bien évidemment on pouvait retrouver ce parcours (très approximatif) dans Google Maps et dans Google Earth.
Mais on pouvait aussi trouver sur le site Raid-Live.com toutes les cartes plus ou moins schématisées de chacune des étapes

Le 15 janvier a eu lieu la douzième étape, entre Fiambala et La Rioja en Argentine.

(Copyright GEOATLAS)
Attention, regarder la rose des vents pour retrouver le nord, ou regarder ci-dessous ce qu'on ose à peine appeler une carte.

(Copyright RACING-LIVE)


Au cours de cette étape, l'équipage de Carlos Sainz, jusqu'alors leader de la course, a été contraint à l'abandon au km 79, suite à un accident.


Cet accident serait dû à une erreur du road-book ou carnet de route qui n'aurait pas indiqué ce ravin. D'ailleurs, d'autres concurrents ont failli connaître les mêmes désagréments.
Voilà quoi ressemblait cette année l'un des carnets de route des concurrents du Dakar.

(Copyright France2)
Manifestement ces "fous du volant" vont bien souvent trop vite; ils n'ont pas le temps de visiter les lieux qu'ils traversent et encore moins de rencontrer les gens qui y habitent. Ceux-ci auraient pu leur dire de faire attention à cet endroit et ils auraient aussi pu leur dire si leur carnet de route était juste...
Petite morale de cette mésaventure "Rien ne sert de courir il faut cartographier à point"

samedi 17 janvier 2009

Des avions dans le ciel et parfois dans l'eau

Il y a deux jours, un Airbus A-320 d'US Airways avec 155 personnes à son bord a dû procéder à un amerrissage dans la rivière Hudson, en raison de problèmes de réacteurs survenus juste après son décollage de l'aéroport de New-York La Guardia. Cet accident a fait aussitôt du pilote de l'avion un héros national puisqu'il semble que c'est grâce au sang-froid de ce pilote chevronné, qu'il n'y a eu fort heureusement aucune victime.
A peine cet accident survenu, l'internet proposait quelques heures après, l'itinéraire suivi par cet avion dans Google Maps et dans Google Earth.

Agrandir le plan
Cette cartographie en temps quasi-réel a été diffusée sur le site Gadgeteer par un internaute qui a eu lidée d'aller regarder sur le site FlightAware les informations détaillées du suivi des vols d'avions sur les Etats-Unis.

(Copyright FlightAware)
On retrouve sur le site FlightAware de nombreuses informations et cartes qui ressemblent à celles que j'avais déjà présentées dans un billet précédent.
Pour finir sur l'accident de l'Airbus, on peut retrouver ici, minute par minute, le parcours reconstitué dans Google Earth de cet avion qui a flotté plus longtemps qu'il n'a volé ce jour là.
Je profite de ce billet d'actualité pour rappeler l'existence de sites Internet similaires à celui de FlightAware mentionné ci-dessus, notamment le site disponible sur la Suisse, cité bien sympathiquement ici par un des lecteurs de ce blog.

Mais vous pourrez trouver aussi sur Internet de nombreux sites sur les routes aériennes des Etats-Unis, notamment avec les aéroports les plus fréquentés, mais aussi l'équivalent pour les routes aériennes britanniques et irlandaises ou encore pour les routes aériennes australiennes et néozélandaises, de sites qui proposent tous des fichiers permettant de suivre dans Google Earth les vols référencés.

Pour finir voici deux animations cartographiques des flux aériens dans le monde (cité ici)

Et voici l'équivalent pour l'Europe en 2D et surtout en 3D, une vue du ciel qui ressemblerait à ... une vue de l'esprit.

Quand on voit la densité des vols dans les cieux, on en viendrait presque à hésiter à reprendre l'avion...

vendredi 16 janvier 2009

Google Maps et Google Earth se mettent à la peinture

Plusieurs sites ont relayé l'annonce par Google ces jours-ci de la possibilité de consulter dans Google Maps et Google Earth plusieurs oeuvres picturales du Museo Nacional del Prado à Madrid (source : Baliz-Media)
Quatorze tableaux parmi les plus belles oeuvres du musée sont ainsi consultables à très haute résolution (sans qu'on sache ce qui a conduit au choix de ces oeuvres).


Dans Google Earth, on peut disposer d'une reconstitution en 3D du Museo Nacional del Prado dans lequel on peut pénétrer pour aller consulter chacune des oeuvres avec le même niveau de détail que dans Google Maps.

Pour afficher les peintures du Prado dans Google Earth, il vous suffit d'afficher la couche d'informations des photos correspondantes. Dans le panneau latéral, il faut afficher la couche: "Infos géographiques du Web -> Aperçu -> Museo de Prado". Choisir ensuite la couche et double-cliquer sur le signet "Museo Prado" qui vous conduit directement au musée. Assurez-vous que la couche "Bâtiments 3D" est cochée. Sélectionnez ensuite le signet "Museo Nacional del Prado" et vous pourrez alors afficher les 14 peintures sélectionnées par Google pour cette visite virtuelle.

Comme le montrent les images ci-contre prises à partir du tableau "La famille de Philippe IV", dit aussi "Les Ménines" de Velázquez, on peut, grâce à l'outil de visualisation, descendre jusqu'à un niveau de détail très poussé.
Avec ce nouvel outil de Google, les amateurs de peinture n'auront peut-être bientôt plus à se rendre dans les musées pour y découvrir leurs oeuvres. Il est troublant que cette annonce par Google intervienne au moment même où, en France, a été annoncée par le Président de la République la gratuité de l'accès aux musées et monuments nationaux pour les moins de 25 ans (qu'on sait plus amateurs d'Internet que de musées), une mesure très controversée dans le monde des musées et au sein même du Ministère de la Culture.

jeudi 15 janvier 2009

Des trains à la carte

En France, les trains semblent avoir un peu de mal à arriver à l'heure en ce moment, quand ce n'est pas du mal à partir. Problèmes de catenaires, neige et givre sur les installations, grève plus ou moins "sauvage", site Internet de réservation cahotique, dégradations parfois volontaires, "terroristes" patentés d'une ultra-gauche imaginaire, la SNCF y perd de son image, un peu de son chiffre d'affaires et surtout fait perdre aux usagers beaucoup de leur patience, surtout quand aucune information n'est fournie au fur et à mesure de la survenue des problèmes.
En matière de cartographie, le site Internet de la SNCF fait un peu pal figure. Tout au plus, peut-on trouver une cartographie (légèrement) interactive, basée sur le service cartographique Virtual Earth et qui permet à l'internaute de découvrir (tel que ce service cartographique de Microsoft le permet) un pays, une ville, et qui doit lui suffire pour choisir un des lieux de destination suggérés par le site... rien de plus semble-t-il.

(Copyright SNCF)

En Suisse, la société nationale des chemins de fer (SBB, CFS, CFF) propose, sur son site Internet, une cartographie basée sur PTV-TeleAtlas qui permet de sélectionner interactivement un lieu, une rue, un numéro, une gare de départ/de destination, un lieu touristique pour sa recherche d'horaire.

(Copyright SBB, CFS, CFF)
Le résultat détaillé de la recherche (horaires, correspondance, temps d'attente) apparaît de façon précise et clair dans un tableau récapitulatif.

(Copyright SBB, CFS, CFF)

Il existe aussi un site cartographique animé (non affilié au site SBB, CFS, CFF) qui permet le suivi du déplacement en temps réel de certains trains dans la région de Zürich.

Il est possible de rechercher un train par son numéro ou par sa gare de destination et/ou d'arrivée.
Mais, pour l'instant le déplacement des trains n'est basé que sur leurs horaires théoriques de départ et d'arrivée et pas sur un suivi par GPS de leur trajet effectif.

Le jour où les sociétés de chemin de fer permettront aux usagers de suivre en temps réel le déplacement des trains, il sera alors possible à tout un chacun de savoir vraiment si son train aura des chances d'arriver à l'heure, et d'être aussitôt informé en cas de retard. Ce service pourra peut-être éviter certaines mésaventures aux contrôleurs ou aux conducteurs de trains...

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NB : Merci à Fabrice Aeby, journaliste pour les radios suisses RJB et RFJ de s'être intéressé au blog TerrImago et d'avoir mis en ligne une interview à propos de celui-ci.

mercredi 14 janvier 2009

Si vous êtes malade en ce moment, vous n'êtes pas seul

J'ai déjà évoqué ici sur ce blog les cartes épidémiologiques disponibles sur le site Sentiweb.
Ces jours-ci on assiste à la conjugaison des épidémies de la gastro-entérite (qui a déjà fait plus d'1 million de malades) et de la grippe.

Epidémie de la gastro-entérite semaine 1 du 29/12/2008 au 04/01/2009
(Source : Sentinelles Copyright UMR707 INSERM, UPMC)


Epidémie de la grippe semaine 1 du 29/12/2008 au 04/01/2009
(Source : Sentinelles Copyright UMR707 INSERM, UPMC)

Sentiweb est le site web du réseau Sentinelles, qui est un réseau de 1 270 médecins généralistes libéraux, dits "médecins sentinelles", bénévoles et volontaires, répartis sur le territoire métropolitain français. Ce réseau, créé en novembre 1984 par le Professeur Alain-Jacques Valleron, est animé par l’Unité Mixte de Recherche en Santé UMR S 707 Inserm -Université Pierre et Marie Curie dirigée par le Professeur Guy Thomas.
L’activité du réseau Sentinelles, plateforme nationale de recherche et de veille en médecine générale, s'intègre aux dispositifs de surveillance mis en place par l'Institut de Veille Sanitaire.
14 maladies sont suivies correspondent à 11 indicateurs infectieux et 3 indicateurs non infectieux.

mardi 13 janvier 2009

Des cartes pour prendre un peu l'air

En France le suivi de la qualité de l'air est devenue une préoccupation majeure pour les pouvoirs publics. Au-delà des obligations légales instituées par des textes de loi en application de directives européennes, les services de l'Etat et surtout les collectivités locales ont compris tout l'intérêt qu'elles avaient à communiquer sur la qualité de l'air et en particulier sur son amélioration qui est une conjonction entre des actions publiques et des actes individuels.
Parmi les structures qui ont en charge le suivi de la qualité de l'air en France, AIRPARIF est probablement l'une des plus connues. Il s'agit d'une association type loi de 1901 à but non lucratif qui, conformément à la loi sur l’air du 30 décembre 1996, est "l'organisme agréé par le ministère chargé de l'Ecologie et du Développement Durable pour la surveillance de la qualité de l'air en Ile-de-France". Ses missions se décomposent en quatre fonctions :
- surveiller la qualité de l’air,
- prévoir les épisodes de pollution,
- évaluer l’impact des mesures de réduction des émissions,
- informer les autorités et les citoyens (au quotidien, lors d'un épisode de pollution).
Sur le site Web d'AIRPARIF on peut trouver de très nombreuses informations, indices, et bien sûr des cartes d'information et de prévision. Ces jours-ci du fait des conditions météorologiques, la qualité de l'air de la région parisienne n'était pas bon comme le montre cette carte du 11/01/2008, provoquant même un dépassement du seuil autorisé et le déclenchement d'une alerte.

(Copyright AIRPARIF)

Au niveau européen, il existe une plate-forme européenne de suivi de la qualité de l'air, baptisée "Air Quality in Europe", et qui fournit des informations sur les grandes villes et agglomérations européennes.

(Copyright CITEAIR)

Pour Paris, on peut retrouver les informations ici sur la situation de ces derniers jours sous forme de tableaux de synthèse qui relaient les mauvais chiffres de la journée du 11/01/2008.

(Copyright CITEAIR)

Enfin, le site du système PREVAIR, pour "Prévisions et observations de la qualité de l'air en France et en Europe", mis en place en 2003 à l'initiative du Ministère de l’Ecologie et du Développement Durable , complète l'offre d'informations, de mesures, de résultats de modélisations et simulations numériques et enfin de cartographies sur la qualité de l'air à différentes échelles spatiales. Ces informations, générées et diffusées quotidiennement, concernent l'ozone, les oxydes d'azote et les particules, les polluants réglementés en fonction de leurs impacts sanitaire et environnemental.
Les prévisions sont accessibles sur le Globe, l'Europe et la France pour l'ozone, sur l'Europe et la France pour le dioxyde d'azote et à l'échelle européenne pour les particules.

(Copyright PREVAIR)

Chaque jour, est mise à disposition une carte nationale des mesures effectuées en France par les Associations Agréées de Surveillance de la Qualité de l´Air (AASQA), dont AIRPARIF fait partie.

lundi 12 janvier 2009

Les cartes en bulles

Voilà déjà plusieurs années que la bande dessinée a fait une place aux cartes et à la cartographie. Pour s'en convaincre, il faut lire le très bon article d'Olivier Marlet "Voyage dans la bande dessinée à travers quelques cartes". En 2007, une grande exposition a même été organisée sur le thème du "Monde imaginaire ou monde réel : la cartographie dans la bande dessinée", à l'occasion de la 3ème édition du Festival "A Tours de Bulles" qui a lieu chaque année à Tours.
Parmi les titres qui ont utilisé la cartographie comme thème ou support de leurs histoires, on peut citer la série "Les Cités Obscures" de Schuiten et Peeters. Le premier tome de cette série, intitulé "La frontière invisible", raconte l'histoire voit le héros, Roland de Cremer, cartographe de son état, rejoindre le Centre de Cartographie pour y prendre son poste de cartographe. Sur le chemin, il trouve un morceau d'une vieille carte de la région de Samaris et se demande "Qui pourrait être assez fou pour égarer une carte pareille... ?". Ou encore, le même Roland de Cremer qui, devant les reproches de son chef, se lamente "Je croyais être géographe, et voilà qu'il veut faire de moi un historien".
On peut retrouver les aventures de la série sur un site qui lui est entièrement consacré et baptisé Urbicande.
A ce jour, la série compte les titres suivants : Les murailles de Samaris, La fièvre d'Urbicande, L'Archiviste, La Tour, La route d'Armilia, Brüsel, l'Echo des Cités, L'Enfant penchée, Le Guide des Cités et L'ombre d'un homme (tous aux éditions Casterman). Ces albums, été traduits dans une dizaine de langues, ont obtenu de nombreuses récompenses.
Comme le dit le chef de Roland de Cremer "La carte n'est qu'un résultat , la compilation de données qu'il faut observer. Sinon c'est un simple bout de papier, sans lien avec le paysage... une de ces cartes qui ne fait que compiler d'autres cartes. Tenez, regardez celle-là"

(Copyright Casterman, 2002)

En cliquant sur le site cartographique dédié aux Cités Obscures on pourra retrouver tous les lieux où se situent les différents épisodes des albums de la série.
Avec le tome 2 de "La frontière invisible", l'IGN a même édité une carte de la Soldono-Voldrachie avec les principaux lieux de la série (Urbicande, Samaris, Pahry, Brüsel). Cette carte est longtemps restée affichée sur l'un des murs de ma "Chambre Obscure".
Pour ceux qui veulent en savoir plus sur les Cités Obscures, ils pourront se référer au "Guide des Cités" rédigé par les auteurs de la BD et paru en 2002 chez Casterman.

Dans l'article d'Olivier Marlet cité ci-dessus, on pourra trouver bien d'autres titres où les cartes ont une place de choix, comme par exemple "Les Maîtres Cartographes" chez Soleil Productions dont on peut consulter ici le site consacré à cette série.

dimanche 11 janvier 2009

"La carte à la carte" de l'IGN ou l'art de faire une carte en pensant à Salvador Dali

Vous connaissez peut-être déjà le service "Carte à la carte" de l'IGN. Il s'agit d'un service en ligne qui permet de choisir une zone géographique en France pour en obtenir une carte sur mesure.
La première étape, "Choix du lieu", consiste à choisir la zone géographique dont on veut obtenir une carte sur mesure. Trois choix sont proposés :
- une commune
- un autre lieu
- une zone définie par un jeu de coordonnées

(Copyright IGN)

Après ce choix, on passe à l'étape suivante intitulée "Ajustement carte". On peut alors visualiser l'emprise de la zone définie par le choix précédent sur les fonds cartographiques de l'IGN à différentes échelles selon le niveau de zoom interactif ou choisi dans une liste de niveaux de zoom prédéfinis. L'orientation en mode portrait ou paysage est aussi proposée.

(Copyright IGN)

Selon l'échelle d'affichage, les fonds cartographiques de l'IGN ne sont pas les mêmes.

(Copyright IGN)

Aux échelles les plus grandes, on peut voir s'afficher le SCAN25 de l'IGN.

(Copyright IGN)

L'étape suivante, "Personnalisation", consiste dans l'ajout d'un titre, d'un sous-titre ainsi que dans le choix d'un thème et d'une photo parmi ceux proposés et dans le choix entre une carte pliée ou une carte à plat.

(Copyright IGN)

A la dernière étape, "Récapitulatif", on peut visualiser la carte qu'on a préparée interactivement et soit recommencer si quelque chose ne convient pas, soit valider la commande.

(Copyright IGN)

Une fois la commande ajoutée au panier, il suffit de disposer d'un compte client pour procéder au paiement sécurisé en ligne.

(Copyright IGN)

Pour ce service "Carte à la carte", le délai de livraison annoncé est de 5 jours ouvrés pour la préparation auquel s'ajoute le délai de livraison postal.
En conclusion, je trouve ce service de l'IGN plutôt bien fait et le site est simple d'usage. Pour les amateurs de cartes comme moi, le montant me paraît tout à fait raisonnable, même si je me dis souvent que "les cartes n'ont pas de prix"...

Si Salvador Dali était encore en vie, je crois qu'il aurait apprécié la carte que j'ai préparée pour ce billet.

(Salvador Dali "La Gare de Perpignan", 1965)

samedi 10 janvier 2009

Les risques jouent aux cartes

En France, l'établissement des cartographies réglementaires des risques est une compétence des services de l'Etat. Depuis 2006, après plusieurs années d'expérimentations, le Ministère de l'Ecologie et du Développement Durable a décidé, conformément à la circulaire ministérielle du 4 juillet 2006 relative à la diffusion des cartes des risques, de demander aux préfets de publier l'ensemble des cartes des risques sur le site Cartorisque.

(© Ministère de l'Écologie, de l'Énergie, du Développement durable et de l'Aménagement du territoire)
On peut ainsi accéder à divers données et sites de cartographie en ligne permettant de naviguer cartographiquement parmi ces données comme par exemple la carte de France des inondations (partielles), des zones de sismicité, des phénomènes avalancheux et des arrêtés de catastrophe naturelle.

(© Ministère de l'Écologie, de l'Énergie, du Développement durable et de l'Aménagement du territoire)
On peut aussi télécharger par départements (au format MapInfo) les données cartographiques publiées sur Cartorisque.
Enfin on peut accéder aux données sous la forme de services web géographiques (WMS et WFS).
L'interface cartographique permet une consultation par départements.

(© Ministère de l'Écologie, de l'Énergie, du Développement durable et de l'Aménagement du territoire)
A grande échelle on peut afficher les cartes scannées de l'IGN au 1:25 000.

(© Ministère de l'Écologie, de l'Énergie, du Développement durable et de l'Aménagement du territoire)
Aux plus grandes échelles, on peut afficher la BD ORTHO de l'IGN.

(© Ministère de l'Écologie, de l'Énergie, du Développement durable et de l'Aménagement du territoire)
A noter que l'interface cartographique du site Cartorisque propose trois onglets correspondant à trois usages de l'information rendue disponible en ligne sur les divers types de risques :
- Informations préventives "destinées à la prise de conscience des populations"
- Informations acquéreurs et locataires "destinées à faciliter la mise en oeuvre de l'obligation d'information de l'acheteur ou du locataire de tout bien immobilier situé en zone de sismicité ou dans un plan de prévention des risques prescrit ou approuvé".
- PPR détaillés qui sont les "représentations de servitudes d'utilité publique [que sont] les plans de prévention des risques, qui imposent des interdictions et des prescriptions dans certaines zones du territoire".
A ce jour, tous les départements ne sont pas encore couverts par des cartographies détaillées et validées. Le site propose donc de se référer aux autres sources d'information disponibles et en particulier à des sites locaux (départementaux ou régionaux).

A Paris, une cartographie détaillée a été établie sur les risques d'inondations en particulier pour un événement du type de la crue de la Seine de 1910. Le site de la Mairie de Paris propose de découvrir les cartes établies dans une rubrique intitulée "Si la Seine était en crue".
On peut visualiser et télécharger au format .pdf la carte pour l'ensemble de Paris ou les cartes par arrondissements, du moins sont concernés par le risque d'inondation.

(© Mairie de Paris)

vendredi 9 janvier 2009

Le plan cadastral : de Napoléon à Internet

En France, le plan cadastral tel que nous le connaissons aujourd'hui, est le résultat d'une décision prise par Napoléon 1er en 1807.

(Copyright Site du CG49)
Rappelons qu'en France, le cadastre n'a pas de valeur juridique (sauf en Alsace-Moselle) mais seulement une valeur fiscale. C'est lui qui sert au calcul de l'impôt foncier. Sur un plan juridique, la définition de la propriété est fixée par les plans d'arpentage et les bornages réalisés par les géomètres-experts. Le plan cadastral est établi à des échelles variant entre le 1/500 et le 1/5000.
Longtemps disponible uniquement sous forme de Plans Minutes Conservation qu'il n'était possible de consulter et d'obtenir une copie qu'auprès des services du cadastre ou en mairie, le plan cadastral avait commencé à être numérisé à la fin des années 80 par certaines communes, départements et de nombreux acteurs privés, souvent dans le cadre de conventions. Ce Plan Cadastral Informatisé (PCI) était soit digitalisé (PCI Vecteur) soit scanné (PCI Image). Les coûts de numérisation, même s'ils ont baissé avec le temps, ont représenté des investissements considérables de la part des collectivités locales sans aucune aide financière de l'Etat.
En 2002, la Direction Générale des Impôts a lancé un chantier de numérisation du plan cadastral qui est en voie d'achèvement et qui a largement appuyé sur les PCI préalablement réalisés selon un cahier des charges très précis.
Depuis le 30 janvier 2008, le plan cadastral français est disponible sur Internet.

(Copyright Ministère du budget, des comptes publics et de la fonction publique)
Ce service était attendu depuis très longtemps par les particuliers et de nombreux professionnels (services de l'Etat, collectivités locales, bureaux d'études, opérateurs de réseaux, géomètres-experts, promoteurs immobiliers, agences immobilières, etc.).
Ce site permet de rechercher, consulter et commander ces feuilles de plan.
Vous pouvez effectuer une recherche par adresse ou par références cadastrales.
Il est donc possible de consulter gratuitement à l'écran les planches cadastrales de son choix mais toute reproduction par les services du cadastre est payante et peut être commandée en ligne.

Le plan cadastral est composé de 597488 feuilles de plan dont 340489 plans en format vecteur et 256999 plans en format raster ou image. A ce jour, seuls les départements de la Moselle et de la Guyane ne sont pas couverts par le site Internet.
Si vous souhaitez (re)découvrir ce qu'est le plan cadastral, vous trouverez ici une FAQ simple d'usage.
Pour ceux qui s'intéressent aux problèmes de coordonnées et de systèmes de projection des plans cadastraux numériques, il est utile de se référer à ce document.

De son côté, l'IGN a développé un produit baptisé BD PARCELLAIRE®, qui est intégré dans le Référentiel Grande Echelle (RGE) de l'IGN. Cette base de données "fournit l'information cadastrale numérique, géoréférencée et continue sur l'ensemble du territoire français. Elle est réalisée à partir de l'assemblage du plan cadastral dématérialisé" (autrement dit à partir des fichiers vecteur et raster du PCI des Services de la DGI).
La BD PARCELLAIRE est intégrée dans le Geoportail de l'IGN. A fin 2008, tout le territoire national devait être couvert par ce produit.

(Copyright IGN)
La disponibilité des "Parcelles cadastrales" dans le Geoportail 3D a été annoncée par l'IGN le 4 déc 2007.

Enfin, pour les amateurs de plans cadastraux anciens, on peut aussi trouver ici la liste des cadastres anciens qui ont été numérisés par certaines Archives Départementales comme par exemple celles du département de l'Ain dont le site Internet de consultation des plans cadastraux anciens est particulièrement bien fait.

(Copyright Archives Départementales de l'Ain)

jeudi 8 janvier 2009

Tara une expédition qui fait froid dans le dos

En ces temps où Paris ressemble (un tout petit peu) à ce qu'il devait être lors d'épisodes glaciaires passés, je vous invite à aller visiter l'exposition autour de l'Expédition Tara Arctic 2007-2008.
J'ai déjà parlé ici et ici du phénomène du réchauffement climatique, notamment sur la diminution des surfaces occupées par les glaces autour du Pôle Nord.
L'exposition Tara qui dure jusqu'au 11 janvier 2009, présente le parcours de la goélette polaire Tara dont l'objectif était de procéder à une étude détaillée des mouvements de la banquise en laissant le bateau dériver sur celle-ci pendant 507 jours. La goélette est actuellement visible au port des Champs Elysées, rive droite, pont Alexandre III.
On peut découvrir ici le fichier KML du parcours de la goélette pendant son expédition.

L’exposition qu'on peut découvrir s'intitule "Tara, voyage au cœur de la machine climatique" et elle présente l'aventure et les travaux réalisés par les membres de cette expédition.
Pour les publics scolaires, divers travaux pédagogiques sont disponibles autour de l'expédition.
Si on veut mettre un peu en perspective le phénomène actuel avec ce qu'étaient les espaces occupés par les glaces du pôle Nord dans le passé, on peut suivre le CRDP de Paris qui propose une plongée dans l'histoire sur ce sujet.
De même pour (re)découvrir ce que furent les routes suivies par les divers navigateurs explorateurs qui découvrirent le Pôle Nord et les différentes voies pour y parvenir ou le contourner, le site pédagogique canadien "Les voies de la découverte" propose plusieurs pages consacrées aux cartes des différentes explorations qui ont cherché les voies pour parvenir au Pôle Nord dont la conquête remonte au tout début du 20ème siècle.
Sur le site de la NOAA, on pourra aussi retrouver un ensemble d'informations et d'illustrations et de cartes de la 1ère année polaire 1881-1884.
Enfin le site norvégien "The Northern Lights Route" propose une belle collection de cartes anciennes sur le Pôle Nord et les routes du nord. On peut y retrouver notamment la partie septentrionale de la Carta Marina déjà présentée ici sur ce blog.

mercredi 7 janvier 2009

La France a froid et les réseaux électriques s'échauffent

On a pu découvrir ces jours-ci dans les médias qu'en région Bretagne, RTE, la fiale d'EDF gestionnaire du réseau de transport d'électricité au titre d'un Contrat de service public, a inauguré l'opération EcoWatt. Celle-ci permet de limiter les consommations d'énergie en période de grands froids comme en ce moment dans cette région où on apprend que "l'approvisionnement électrique des départements de l'ouest de la France, et notamment de la Bretagne, est fragile". Cette initiative invite donc les abonnés de ces régions à faire preuve d'un "éco-comportement" par des gestes simples au quotidien (extinction de lumières inutiles, diminution des chauffages électriques, moindre usage d'appareils électro-ménagers).
On peut découvrir sur ce site une carte schématisée des principaux noeuds du réseau électrique de la région Bretagne sur lesquels apparaissent les symboles de l'alarme rouge déclenchée hier.

(Copyright RTE)
En cas de risque de coupures électriques sur ce réseau, les abonnés qui se sont inscrits peuvent recevoir comme ce fut le cas hier, des SMS sur leurs téléphones mobiles les avertissant du risque de coupure et les invitant à des gestes de diminution de leur consommation électrique.
Sur le site de RTE, c'est la consommation électrique (courbe de charge) sur l'ensemble du territoire national qu'on peut suivre en temps quasi-réel.

(Copyright RTE)
Les risques de coupure électrique et même de coupures généralisées sur tout ou partie du réseau français sont-ils réels ? La France peut-elle connaître des épisodes de black-out comme ce fut le cas en novembre 2006 dans une partie de l'Europe ou encore en Angleterre, Italie et aux Etats-Unis en 2003? D'après les responsables de l'entreprise nationale, la France est aujourd'hui capable de faire face à de telles situations, même s'il semble qu'en région Bretagne, le risque ne soit pas aussi faible que cela.
A quoi ressemblerait la France si un black-out survenait ? Difficile à dire. Mais il suffit d'observer les images ci-dessous pour identifier l'impact d'un épisode similaire qui a eu lieu dans la nuit du 14 au 15 août 2003 dans le nord-est des Etats-Unis et le Sud-Est du Canada. L'image du dessus a été prise 20 heures avant le black-out et l'image du dessous l'a été 7 heures après le black-out

(Source : USAF)
En Europe, l'image de la NASA des axes et zones de lumières vues de l'espace est disponible ici pour l'Europe (et ici pour l'ensemble de la planète) mais elle est aussi disponible dans GoogleEarth (Gallerie-->Lumières des villes de la Terre).
On peut ainsi comparer la carte du réseau RTE en région Bretagne ci-dessus et l'image des lumières des principales concentrations urbaines dans cette même région.

mardi 6 janvier 2009

Un "Atlas essentiel" qui devient indispensable

R.-L. Stevenson a écrit "On me dit qu’il y a des gens qui ne s’intéressent pas aux cartes ; j’ai peine à le croire".
Si vous rencontrez des gens qui ne s'intéressent pas (encore) aux cartes, offrez-leur l'ouvrage d'Olivier Le Carrer "L'Atlas Essentiel" publié en novembre 2008 par les Editions Glénat.
Cet ouvrage d'Olivier Le Carrer, journaliste et navigateur, se veut un atlas utile "Pour comprendre le monde, l’amour et les grandes catastrophes". Qui, s'intéressant un minimum au monde, au sien et à celui qu'il partage avec d'autres, pourrait ne pas se sentir concerné par un tel programme ?!...

(Copyright Editions Glénat)
Ce livre a comme ambition d'apporter au lecteur "quelques miscellanées cartographiques indispensables à l’"honnête homme" du XXIe siècle".
Et pour donner encore plus envie de partir à sa découverte, ce livre nous rappelle que "Sans la carte du Tendre, le plan de l’architecture nucléaire, le schéma des vents et courants dominants sur la planète, ou la représentation graphique du métro de New York… comment appréhender la complexité des mondes moderne et ancien, imaginaire ou réel ?"
En cela, cet ouvrage rejoint ce à quoi ce blog tente aussi de contribuer, bien plus modestement.

A noter que les éditions Glénat publient de nombreux et très beaux atlas, parmi lesquels je me permets de vous signaler :
- Les grandes Alpes dans la cartographie, t.1
- Les grandes Alpes dans la cartographie, t.2
- L'Alpe n°7 - Cartographier la montagne.

Les Editions Glénat publient également les "Trésors photographiques de la Société de Géographie" (voir mon billet sur la Société de Géographie), ainsi que la revue l'Alpe (la grande soeur de la Nouvelle Revue de Géographie dont j'ai aussi déjà parlé dans ce même billet)

Merci beaucoup aux Editions Glénat pour m'avoir fait parvenir un exemplaire de l'"Atlas essentiel", qui d'essentiel devient rapidement indispensable.

lundi 5 janvier 2009

La sémiologie graphique de Jacques Bertin, règle de base de la cartographie

Réaliser une carte sans respecter les règles de la sémiologie graphique serait comme écrire un texte sans respecter les règles d'orthographes et de grammaire.
Cette comparaison, souvent faite, n'est pas toujours respectée par ceux qui réalisent des cartes, surtout sur Internet.
Pour comprendre que la cartographie relève de la sémiologie graphique, il est essentiel de se reporter aux travaux de l'un des "pères" de cette discipline, Jacques Bertin
Jacques Bertin est un cartographe français, né en 1918, qui a suivi des études de géographie et de cartographie à la Sorbonne. Il fut chargé de recherche au CNRS puis créa le Laboratoire de cartographie de l'EPHE (Ecole Pratique des Hautes Etudes) en 1954, qu'il dirigea et où il devint Directeur d'Études en 1957. Puis il fut nommé Directeur d'Études à l'EHESS (École des Hautes Etudes en Sciences Sociales), en 1974, où il dirigea le Laboratoire de graphique (j'ai déjà indiqué ici le formidable site cartographique interactif réalisé par l'EHESS à partir des cartes de Cassini).
On pourra retrouver ici et ici quelques éléments de la sémiologie graphique de Jacques Bertin appliqués à la cartographie. Il s'agit de cours donnés en licence de géographie.

Les principes de la sémiologie graphique sont également repris sur le très bon site de l'Atelier de cartographie de Sciences Po (sur lequel je reviendrai sur ce blog) :
- faire des cartes
- l'image et les variables visuelles

(Copyright Atelier de cartographie de Sciences Po, octobre 2007 )

Parmi les ouvrages principaux de Jacques Bertin, on pourra se reporter, pour qui ne maîtriserait pas encore très bien les règles de sémiologie graphique, aux ouvrages suivants :
- "Sémiologie Graphique. Les diagrammes, les réseaux, les cartes", Paris, La Haye, Mouton, Gauthier-Villars, 1967. 2e édition : 1973, 3e édition : 1999, EHESS, Paris.
- "La graphique et le traitement graphique de l'information", Paris, Flammarion, 1977, 273 p.
Le dernier ouvrage publié sous la direction de Jacques Bertin fut un "Atlas historique : panorama de l’histoire du monde", Genève, Paris, Minerva, 1997.
En guise d'introduction aux travaux de Jacques Bertin, on peut lire avec intérêt l'article de Gilles Palsky et Marie-Claire Robic "Aux sources de la sémiologie graphique" publié à l'occasion du colloque "Colloque "30 ans de sémiologie graphique".
Enfin le très bon article de Christophe Tricot "Principe de l'information cartographique" fait appel entre autres aux principes de la sémiologie graphique, pour répondre aux trois questions suivantes que nombre de cartographes devraient se remémorer pour chacune de leurs réalisations :
- En quoi consiste une carte ?
- Quel est le contenu d’une carte ?
- À quoi sert une carte ?

dimanche 4 janvier 2009

La plus vieille carte du monde

Quelle est la plus vieille carte du monde ? Non vous n'êtes pas sur le site du "Trivial Pursuit" ou sur celui de "Question pour un Champion". A cette question, on trouve des réponses diverses sur Internet et dans les livres.
En fait la plus vieille carte du monde ne concernerait pas la terre mais le ciel et elle serait sur les murs peints de la grotte de Lascaux en France, l'une des grottes ornées les plus connues au monde. Mais tous les experts ne sont pas d'accord sur l'interprétation de ces dessins.
Pour revenir sur terre, une majorité de scientifiques semblent s'accorder à ce jour sur le fait que la plus vieille carte (si on peut appeler cela comme ça) connue concernant la surface terrestre remonterait à 6200 avant Jésus-Christ (mais cette datation est sujette à débat). Elle aurait été trouvée sur le site archéologique de Çatal Hüyük en Turquie. Mais est-ce vraiment une carte, un plan de ville ou plutôt...le dessin de léopards ? Là aussi, tous les avis ne convergent pas.

Pour d'autres, il s'agirait plutôt d'une carte babylonienne du monde, visible au British Museum à Londres et qui aurait été réalisée entre 700 et 500 ans avant Jésus-Christ.

Sur cette "carte" réalisée sur une plaquette en argile, on peut voir un cercle qui représenterait l'Océan, autour duquel se trouveraient des régions décrites dans le texte cunéiforme. La case supérieure porterait le nom de Babylone et les lignes verticales traversant Babylone représenteraient l'Euphrate.
Voici un détail de cette pièce :

1. Le golfe persique est dessiné comme une rivière encerclant le monde connu, orienté avec l'Ouest en haut (comme quoi le nord n'a pas toujours été en haut des cartes...)
2. Le rectangle supérieur représente Babylone.
3. Les ronds autour de Babylone situent des villes.
4. Le rectangle inférieur représente les régions marécageuses du sud de la Mésopotamie.
5. Les fleuves Euphrate et Tigre coulent vers le golfe Persique.
6. Les triangles au-dela du cercle montrent l'existence de régions mystérieuses.

Vous pouvez découvrir ci-dessous "cartographiquement" cette antiquité avec un navigateur de type GoogleMaps.


(Cliquer ici pour afficher ce document en grand)

Difficile de dire quelle est la plus vieille carte de France : serait-ce la Table de Peutinger ? (sur laquelle je reviendrai dans ce blog).

Pour l'Angleterre, ce serait celle baptisée Gough Map qui aurait été établie au XIVe s.
Vous pouvez découvrir ici une application cartographique interactive qui vous permet de naviguer cartographiquement dans ce document.

samedi 3 janvier 2009

Une carte collaborative de la précarité

J'ai récemment parlé ici du mashup cartographique publié sur le site Mediapart et disponible ici.
Si la situation se dégrade encore plus en 2009, ce que je ne souhaite pas, voici une initiative cartographique sur Internet qui pourrait connaître un succès grandissant en cette nouvelle année qui commence. Le projet s'appelle Wikibivouac. Il s'agit du projet d'une cartographie collaborative des points de ravitaillement destinés à ceux qui n'ont plus les moyens de vivre du fait de la baisse de leurs revenus. Points d'eau potable et points de chaleur gratuits, nourriture à récupérer gratuitement, ... voici quelques unes des données géoréférencées. A qui est destiné ce site ? A ceux qui se retrouvent dans une situation de précarité telle qu'il ne peuvent plus aller faire leurs courses au super marché quand le frigo est vide.

(Cliquer ici pour accéder au site)
Comme on le voit cette carte est pour l'instant peu alimentée (sans mauvais jeu de mots) et elle concerne surtout les pays dits riches (mais qui ne le sont peut-être pas tant que ça maintenant que la crise financière est passée par là)
Et si vous avez repéré des endroits où il est possible de se ravitailler gratuitement vous êtes invités à ajouter le point correspondant sur la carte et à fournir toutes les informations qui permettent de le retrouver sur le terrain.
Voici un zoom sur Paris où en cliquant sur un des points de ravitaillement s'affiche une infobulle donnant un minimum d'informations.

Le projet Wikibivouac a été lancé dans le cadre du projet CityScan.
On hésite entre rire jaune et désespérer d'une telle initiative. Et on se demande comment des personnes qui n'ont presque plus rien auront encore de quoi se connecter à l'Internet pour savoir où trouver de quoi survivre... sauf si les opérateurs de téléphones mobiles, dans leur grande bonté légendaire, se mettent demain à fournir gratuitement téléphones et abonnements aux nécessiteux pour accéder à l'Internet mobile...

vendredi 2 janvier 2009

Attention verglas et chaussées glissantes sur toute la France

Les températures basses de ces derniers jours ont été à l'origine de très ombreux problèmes de circulation sur presque tout le territoire national. Des pluies froides sur des sols glacés ont provoqué la formation de verglas. On ne compte plus les accidents et les embouteillages liés à cette météorologie routière, particulièrement défavorable en cette période de vacances. Certains axes autoroutiers ont même dû être fermés à la circulation pendant quelques heures.
La télévision nous a montré de nombreuses images de ces désagréments, très souvent accompagnés d'interviews de responsables du Centre National d'Information Routière derrière lesquels on pouvait apercevoir des cartes accrochées aux murs ou affichées sur les écrans d'ordinateurs.
Lors d'événements un peu exceptionnels comme ceux-ci, il paraît indispensable de consulter l'état du trafic qui est disponible sur plusieurs sites d'information routière dont le fameux Bison Futé (qui émet parfois des bulletins d'alerte comme ces jours-ci).

Mais d'autres sites proposent des cartes sur le trafic comme le site VTrafic (relayé notamment sur le site de MétéoFrance) qui s'appuie sur GoogleMaps.

(Copyright VTrafic)
On peut retrouver l'état du trafic et des routes pour l'Ile de France sur le site SYTADIN qui utilise la BD Georoute de l'IGN.

(Copyright DIDR IdeF)
Les prévisions météo, elles, sont disponibles sur le site de MétéoFrance (dont j'ai déja parlé ici) relayées à la télévision sous la forme de carte de vigilance.

(Copyright MétéoFrance et France 2)
Aux USA, le site Maphawk.com nous apprend comment la chaîne météo Weather Channel a décidé d'utiliser des webcams sur les routes principales pour enrichir leurs bulletins d'informations matinales sur le trafic routier. Ces informations visuelles dynamiques sont intégrées dans des infobulles associées à leur géolocalisation sur les fonds GoogleMaps où l'état du trafic et des routes est régulièrement mis à jour. Disposer ainsi d'images en direct semble correspondre à une attente des usagers qui considèrent ces images comme encore plus fiables que les bulletins audio traditionnels. Les automobilistes demandent à pouvoir recevoir ces images sous la forme de flux d'informations visuelles directement dans leurs systèmes embarqués d'aide à la navigation. Certaines villes et Etats ont d'ailleurs commencé à répondre à cette demande, comme par exemple la Ville de New-York ainsi que l'illustre l'image ci-dessous.

On peut retrouver ici toutes les cartes de la chaîne qui existe aussi en France. Certaines cartes utilisent les fonds cartographiques de Microsoft Virtual Earth comme support aux animations des prévisions météos.


Bonne route et soyez prudents !

jeudi 1 janvier 2009

Le phantasme insulaire comme carte de voeux

En ce premier jour de l'année 2009, je vous présente tous mes meilleurs voeux pour cette nouvelle année. Je vous la souhaite plein de belles cartes et de découvertes cartographiques en tous genres.
En guise de carte de voeux, je vous propose une carte baptisée "Recueil d'écueils" que je viens de recevoir.
Il s'agit d'une "carte marine semée d’îles et parcourue de vents, de courants et de champs magnétiques. Un recueil de poésie conçu pour faire aborder le lecteur aux lieux d’utopie et d’horreur, de phantasme et de cauchemar, qui constituent l’espace insulaire dans l’imaginaire des hommes depuis qu’ils peuplent les littoraux et s’aventurent sur les mers".

Pour donner envie de déplier cette carte si originale, plonger dedans pour partir à sa découverte, les auteurs nous invitent à "prendre le temps, déplier cette carte (...) Et puis! (nous) confier à son improbable, et si peu fiable, géographie."
Cette "cartographie du phantasme insulaire" a été réalisée par Donatien Garnier et Guillaume Bullat. Elle est éditée par les éditions Les Bords Perdus situées à Bordeaux.

Cette carte m'a fait penser à une autre carte, la Carta Marina publiée à Venise en 1539, dessinée par le dernier archevêque de Suède Olaus Magnus (1490-1557), qui dut quitter son pays et vivre en exil après que la Suède soit devenue protestante.
Cette carte a été rééditée par les Éditions José Corti en 2005, accompagnée de commentaires d'Elena Balzamo.

(Cliquer ici pour afficher la carte en grand)
Dans cette carte on peut identifier l'île de Thulé qu'Olaus Magnus, victime du phantasme collectif de l'existence de cette île, dessina comme une réalité géographique.


Entre phantasme collectif et phantasmes personnels, les îles sont décidément un support cartographique infini pour nos rêves.

Bonne année 2009 à toutes et à tous !
 
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