Le site Peintureaborigene.com propose trois articles passionnants (1 - 2 - 3) sur les peintures aborigènes, en particulier chez les peintres Pintupis dont les peintures doivent toujours être vues à plat puisqu'elles consistent en des images des territoires vus du ciel.

"Ce qui étonne toujours dans la représentation du territoire est l'intuition visuelle que les Pintupis ont de l'aspect de ce territoire vu depuis le ciel , et pour cela ils n'ont pas attendu évidemment de monter dans un avion. Sans doute ont-ils, à force de le parcourir et d'en connaitre le moindre détail, à force de le chanter et le célébrer, formé des cartes mentales très proches de la réalité."
C'est également ce qu'affirme Stéphane Jacob, spécialiste de l'art australien contemporain qui possède une galerie d'art spécialisée sur l'art d'Australie.
"Les oeuvres aborigènes sont comme une vision de la terre vue du ciel, car auparavant les Aborigènes peignaient leurs oeuvres sur le sol et avaient cette capacité à projeter leur vision du ciel dans leurs tableaux peints à même le sol".
Qui sont ces aborigènes et où sont-ils encore implantés ? Sur le site de l'Australian Institute of Aboriginal and Torres Strait Islander Studies (AIATSIS), on peut trouver une carte présentant la localisation des principaux groupes aborigènes en Australie construite à partir de la carte Aboriginal Australia de David Horton disponible ici au format .pdf.

Il est une autre forme de représentation des territoires chez les peuples d'Océanie, c'est celle des "sticks charts" de Polynésie qui sont plus des instruments d'aide à la navigation que de véritables cartes marines.
"Ces "cartes" très particulières sont constituées de baguettes de bois attachées les unes aux autres ; de petits coquillages étant fixés à leur jointure. Les nœuds-coquillages représentent soit des îles, soit des axes des étoiles ; et les bâtons, des "dungungs", selon les premiers témoignages du Capitaine Winckler qui s’intéressa à ces objets. Ces "dungungs" marquent l’orientation de la houle. En effet, les phénomènes qui permettent d’aider le navigateur à positionner une île qui n’est pas en vue, sont la réfraction et la réflexion des vagues ; celles-ci prenant des directions différentes lorsque la houle touche les côtes. Les stick charts renseignaient les navigateurs sur ce point.

Mais les capitaines des îles Marshall n’emportaient probablement pas ces modèles à bord de la pirogue "pilote" qui guidait généralement toute une flotte ou flottille (20 à 80 embarcations). Ces "stick charts" servaient à son entraînement puis fonctionnaient comme aide-mémoire. Il semble même que si un navigateur emportait à bord l'une de ces "stick charts", il pouvait être déconsidéré."

Dans la partie Sud des Iles Marshall, les coquillages des "sticks charts" déterminent des positions d’îles qu'on peut retrouver sur une cartographie de conception occidentale :

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