Pour s'en convaincre, il suffit de naviguer un peu sur Internet pour trouver rapidement une myriade de sites proposant des cartes.

(Carte au 02/05/2009 Source Wikipedia)
Le site Google Maps Mania indique pas moins de 16 sites proposant une cartographie de l'épidémie. Il peut s'agir de sites d'internautes ou de sites d'institutions médicales.
Cette cartographie sous GoogleMaps (elle existe aussi ici sous Google Earth) a été réalisée par le Dr Henry Niman, du Biomedical Research de Pittsburgh, qui présente ici ses commentaires avec la carte en arrière-plan.

Cet autre mise en carte utilisant le plugin Google Earth, propose un suivi dans le temps des cas déclarés depuis le 15 mars 2009 qu'on peut faire défiler à partir de la réglette temporelle (time-line) situé dans la partie supérieure de l'interface.

Cette autre cartographie utilisant également Google Maps, a été mise au point par le site HealthMap dont j'ai déjà parlé ici et qui propose également une réglette temporelle de suivi de la propagation de l'épidémie.

Ce site de Google, baptisé Google Flu Trends, fait cohabiter représentation cartographique (sous Flash) par région du Mexique et courbe statistique. Celle-ci montre qu'un pic de l'épidémie de grippe avait été atteint entre fin janvier et début février sans que nous n'en ayions entendu parlé. Les données utilisées par Google sont des données agrégées multi-sources qui permettent d'établir des tendances en temps quasi-réel d'une épidémie. Les tendances ont souvent été confirmées à quelques jours de décalage par les données du CDC américain dont j'ai aussi déjà parlé ici. Lire les explications et l'animation vidéo ici.

Cet autre site propose de combiner mini-vidéos diffusées sur Youtube (souvent de particuliers) à propos de l'épidémie de grippe essentiellement aux Etats-Unis et en Amérique centrale et leur localisation cartographique sur Google Maps.

Cette carte, toujours réalisée sous GoogleMaps, exploite les termes liés à l'actualité de la grippe mexicaine issus de Twitter, en trois langues.

Des cartes collaboratives ont aussi émergé sur Internet comme par exemple celle-ci concernant uniquement le Mexique...

... ou encore celle-ci qui semble plus mondiale.

Sur son site consacré à l'usage de la cartographie dans les medias, Joe Francica passe en revue ici la façon dont certains medias, surtout nord-américains, se sont emparées de la grippe porcine pour ce véritable déferlement cartographique.
En revanche, on peut être surpris que sur son site l'Organisation Mondiale de la Santé, n'ait toujours pas publié de cartes des cas avérés, alors que l'institution dispose de sites cartographiques prêts pour cela.
De même, en France, ni l'Institut de Veille Sanitaire (INVS) ni l'INSERM sur son site Sentiweb n'ont publié de cartes sur l'épidémie. Il faut dire qu'à ce jour, la France semble relativement peu touchée, malgré la vague épidémique annoncée par les médias.
Néanmoins, une cellule d'alerte a été activée par le ministère de la Santé pour surveiller l'évolution de la situation.
Devant ce constat à la fois d'une véritable déferlante cartographique, mais aussi de manques troublants, comment ne pas s'interroger sur la qualité, la fiabilité voir dans certains cas sur l'utilité de ces cartes ?
Car à bien y regarder, les cartes proposées sont plus ou moins à jour et plus ou moins fiables. Or le problème est justement de savoir ce qui est cartographié et ce qui peut vraiment l'être. Faire la distinction entre des cas de grippe dont l'origine n'est pas toujours bien identifiée, ou pouvoir affirmer avec certitude l'origine du décès de personnes ayant contracté une grippe, n'est pas chose facile.
La tentation du "tout cartographique" est grande quand on parle d'épidémie, en cédant ainsi à un sentiment contradictoire de peur et de fascination que toutes les épidémies provoquent depuis des centaines d'années.
Une cartographie fiable de cette épidémie comme de toute autre, ne peut relever de discussions de cafés du commerce ou, en l'occurence, d'échanges d'internautes non-spécialistes, d'aussi bonne foi que soit leur initiative.
De l'avis des autorités sanitaires nationales et internationales, la difficulté est de savoir dans une épidémie de grippe, si les cas de malades recensés sont effectivement infectés par le même virus en question et surtout si les décès peuvent ou pas être imputés avec certitude à ce virus.
C'est peut-être cela le Web 2.0 : un web plus rapide, alimenté par les internautes, mais pas forcément plus juste ni plus complet que son ancêtre le Web 1.0 qui n'avait pas que du mauvais.

3 commentaires:
Merci pour ce panorama très complet de la cartographie de la grippe A(H1N1)et des critiques très justes.
J'avais commencé un commentaire sur le rôle possible des sites contributifs dans ce type de situation mais comme il s'allongeait démesurément, je l'ai transformé en billet sur Monde Géonumérique.
Merci pour ce billet....le gros avantage du web 2.0 reste quand même ce nouveau pouvoir offert à tout le monde, cette démocratisation des usages de la géographie qui permet la production de cartographies non institutionnalisées, non contrôlées par l'état, les militaires ou les universitaires longtemps seuls détenteurs de ce pouvoir ! Mais il est vrai que parallèlement cela multiplie les contenus et pose la question du trie de l'info et de l'apprentissage de ce trie.
Merci pour ces commentaires. Si l'intérêt du Web 2.0 ne paraît pas devoir être remis en cause, il s'accompagne néanmoins de contraintes (accès à des données de fiables) et d'exigences (qualité des réalisations cartographiques) un peu trop souvent mésestimées voire totalement oubliées par les internautes.
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