mercredi 31 décembre 2008

Cartes et territoires en Israël et dans la bande de Gaza

Depuis le 27 décembre, le gouvernement israélien a décidé d'engager une action militaire dans la bande de Gaza, officiellement pour faire cesser les tirs de roquettes sur le sud d'Israël et qui proviennent de la bande de Gaza. Cette intervention militaire a déjà fait plus de 300 morts dont beaucoup de civils.
La bande de Gaza est actuellement un territoire administré par l'Autorité palestinienne, non reconnu internationalement comme faisant partie d'aucun pays.
Ce territoire de 360km², dispose de 11 kms de frontière environ avec l'Égypte, 51 kms de frontière avec Israël et 40 kms de côtes le long de la Méditerranée. Plus d'un million de Palestiniens vivent dans la bande de Gaza, principalement des descendants des réfugiés de la guerre de 1948.

(Source : Wikipedia)
Si les troupes israéliennes ont quitté ce territoire le 12 septembre 2005, celui-ci demeure un lieu de tensions extrêmes et ce conflit, qui dure depuis des dizaines d'années, semble ne pas trouver d'issue solide.
De nombreux ouvrages ont été publiés sur le conflit israélo-palestinien. Mais il est pratiquement impossible de comprendre ce qui se passe, en particulier sur les enjeux de l'occupation et du contrôle de ces territoires et de leurs populations, sans de solides réalisations cartographiques. Et dans ce domaine, la cartographie, comme l'historiographie, peut rapidement être l'objet de désaccords profonds.
L'un des enjeux du contrôle des territoires est celui de l'accès aux ressources en eau. Cette carte, issue du blog cartographique du Monde Diplomatique, l'illustre parfaitement. Son auteur, Philippe Rekacewicz, est co-auteur avec Salif Diop, de "Atlas mondial de l’eau, une pénurie annoncée" (Editions Autrement, 2003).

(Copyright Philippe Rekacewicz)
(Cliquer ici pour afficher la carte en grand)
Plusieurs cartes récentes et historiques sont disponibles sur le site Lexilogos.com, tant pour Israël que pour les territoires palestiniens. D'autres, illustrant des articles de fond, sont également disponibles sur le site du Monde Diplomatique.
Mais il semble assez indispensable de se référer à l'ouvrage "Atlas Géopolitique d'Israel" de Frédéric Encel, docteur en géopolitique, enseignant à enseignant à l’IFG, à l'ESG et à l'IEP et dont l'ouvrage édité en 2008 par les Editions Autrement, est venu combler un vide puisqu'il n'existait jusqu'alors aucun atlas géopolitique d’Israël récent.
On peut aussi se reporter à l'ouvrage "Géopolitique du Maghreb et du Moyen-Orient" de Karine BENNAFLA, Delphine PAGES-EL KAROUI et Olivier SANMARTIN (éditions Sedes, collection Impulsion, Paris, 2007) dont on trouvera un compte-rendu ici. Il faut souligner la qualité du travail de cartographie de Florence Troin, ingénieur-cartographe au CNRS.
Il existe un site de cartographie interactive "Survey of Israel", réalisé par le National Centre for Mapping, Geodesy, Cadastre and Geoinformatics mais celui-ci n'est disponible qu'en hébreu. On pourra néanmoins trouver ici des cartes topographiques au 1:100 000 pour les plus détaillées.
En regardant toutes ces cartes mais aussi un peu les actualités du moment sur ce conflit qui n'en finit pas, je repense à ces propos de Michel Foucault cités dans ses Cours au Collège de France de 1977-1978 "Sécurité, territoire, population":
"Que se passe-t-il donc aujourd'hui? Le rapport d'un Etat à la population se fait essentiellement sous la forme de ce qu'on pourrait appeler le "pacte de sécurité". Autrefois, l'Etat pouvait dire "Je vais vous donner un territoire" ou "Je vous garantis que vous allez pouvoir vivre en paix dans vos frontières". C'était le pacte territorial et la garantie des frontières était la grande fonction de l'Etat".

mardi 30 décembre 2008

Cartographie en ligne et cinéma : l'exemple d'"Easy Rider"

Peut-être connaissez-vous le film "Easy Rider" réalisé en 1969 par Dennis Hooper, acteur et réalisateur américain dont je vous recommande l'exposition qui lui est consacrée "Dennis Hopper et le Nouvel Hollywood" jusqu'au 9 janvier prochain à la Cinémathèque Française à Paris.
Comme l'écrit Matthieu Orléan, commissaire de l'exposition "Avec Easy Rider, road-movie nihiliste et métaphysique, à la bande son explosive, c’est un tout nouvel ordre du monde qui advient".
Considéré comme LE film typique des road-movies, Easy Rider prend comme décor la fameuse "Route 66", que les Américains appellent "The mother road" ou "Main street USA"
Cette route, qui reliait Chicago dans l'Illinois à Los Angeles en Californie, était longue d'environ 4 000 kms et traversait 8 états (Illinois, Missouri, Kansas, Oklahoma, Texas, Nouveau-Mexique, Arizona, Californie). Ce fut la première route trans-continentale goudronnée en Amérique.

(Copyright St. Martin's Griffin publisher)
La Route 66 a été officiellement déclassée le 27 juin 1985 et il n'en reste plus que quelques tronçons qui font parfois l'objet d'aménagements touristiques et surtout de l'adoration de certains nostalgiques.
Quel rapport avec la cartographie en ligne me direz-vous ?
Vous pouvez retrouver ici pour GoogleMaps et ici dans Google Earth le parcours de cette route pour la suivre, l'intérêt de le faire sur Internet étant de pouvoir faire beaucoup de route sans (presque) aucun dégagement de CO²...
En fait, les acteurs de Easy Rider ne parcourent la Route 66 que sur une partie de sa longueur, essentiellement dans les états du sud-ouest et du sud des Etats-Unis puisque le film commence à Los Angeles et se termine à Mardi-Gras près de New-Orleans.
N'ayant pas trouvé sur Internet le parcours que suivent les acteurs d'Easy Rider tout au long du film d'ouest en est, je me suis "amusé" à le reconstruire dans Google Earth. Vous pouvez télécharger ici le fichier correspondant à ouvrir dans Google Earth (si ce lien ne fonctionne plus, merci de me le signaler).
Si vous regardez bien le générique du film ci-dessous, celui-ci s'ouvre sur une scène devenue célèbre où Peter Fonda et Dennis Hooper, les deux acteurs principaux du film, roulent en Harley-Davidson sur un pont, disparu depuis l'époque du film, le pont de Red Rock Bridge, dont on peut lire l'histoire ici.

En fait le pont qu'on peut voir dans le film emprunté par les acteurs, a été démoli et remplacé en 1978 par un nouveau quelques dizaines de mètres plus loin. L'autre pont, qu'on voit en arrière-plan, existe toujours. On peut retrouver ces deux édifices (et même l'emplacement du pont démoli de Red Rock Bridge) sur le site de cartographie collaborative Wikimapia (sur lequel je reviendrai dans ce blog).

A vous maintenant de retrouver dans Google Earth la route suivi par les acteurs d'Easy Rider dans cet autre extrait (ou dans d'autres disponibles sur YouTube).

Comme quoi entre cartographie en ligne et cinéma, il y a parfois bien des rapports...
"Eh man, you've got a map ?"

lundi 29 décembre 2008

Cartographie et signaux d'alarmes pour l'Aqua Alta à Venise

Sur le site de l'Istituzione Centro Previsioni e Segnalazioni Maree (Institution Centrale pour les Prévisions et les Signalements des Marées), on peut trouver toutes les informations et graphiques concernant le phénomène de l'Aqua Alta (Hautes Eaux) qui régulièrement affecte la ville de Venise et sa lagune.
Vous trouverez ici une cartographie détaillée des hauteurs d'eau et des passerelles mises en place. Les fichiers cartographiques sont disponibles au format .pdf pour tous les quartiers.

Une Foire Aux Questions est disponible en français si vous avez du mal avec l'italien mais ... vous risquez aussi d'avoir du mal en français car la traduction semble "venue d'ailleurs".

Sur cette autre page de ce même site, vous trouverez une animation cartographique et sonore du système d'alarme par sirène. Attention, ça fait du bruit !

Au cours du mois de décembre 2008, le niveau d'eau a atteint des hauteurs de l'ordre de 1,56m qui n'avaient pas été atteintes depuis de nombreuses années sans pour autant battre le record de 1,94m du 4 novembre 1966, plongeant la place Saint-Marc sous 1,20m d'eau.

Le phénomène a lieu chaque année et il est difficile d'affirmer qu'il s'agit là d'une nouvelle preuve du réchauffement climatique même si la fréquence de ce phénomène a été plus importante dans les vingt dernières années qu'auparavant.
On peut lire sur le site Lapanse.com des commentaires amusés sur la situation et les solutions que certains hôteliers trouvent pour garder les touristes qui auraient tendance à fuir Venise quand celle-ci a les pieds dans l'eau
"C'est un peu la débandade chez les touristes qui avaient cru passer quelques jours de calme et de recueillement dans la Sérénissime à une période traditionnellement moins fréquentée. Un peu affolés par ces niveaux qu'on n'avait pas revu depuis vingt ans, les hôteliers font tout leur possible pour retenir leurs clients, certains allant même jusqu'à leur proposer des forfaits à tarif réduit avec bottes et carte des passerelles et ruelles exhaussées pour contourner les passages impraticables".
Les passerelles sont installées dès que le niveau de l'eau atteint 120 centimètres.
A noter aussi que si voulez vérifier si l'Aqua Alta est encore d'actualité, vous pouvez vous connecter sur les webcams réparties dans Venise notamment celle de la Piazza San Marco.
Afin de lutter contre ce phénomène, les autorités ont imaginé de très nombreux projets souvent plus délirants les uns que les autres. Le dernier en date s'appelle MOSE pour Modulo Sperimentale Elettromeccanico. Ce projet, décidé par le gouvernement Berlusconi le 6 décembre 2001 (déjà 7 ans!) et qui devait coûter 3,5 milliards d'euros, prévoyait la construction de 78 digues flottantes sur environ 1600 mètres situées aux entrées de la lagune (port de Chioggia, Malamocco, entrée du Lido).

A noter que le site officiel de la Commune de Venise propose un site cartographique interactif en technologie Flash qui propose notamment des itinéraires touristiques animés de découverte de certains monuments, ponts et "rues" (calle) de Venise.

dimanche 28 décembre 2008

Cartographier le chômage, oui mais...

J'ai déjà cité ici sur ce blog le mashup cartographique proposé par le site de Mediapart.Celui-ci permet de suivre une sorte de "géochômage" en fonction des fermetures d'entreprises ou de chômage partiel annoncées chaque semaine dans l'industrie et les services.

Agrandir le plan

On peut même représenter ces mêmes informations dans Google Earth. Peut-être que le géochômage en 3D c'est encore mieux...

Ces informations qui n'ont rien de statistiques et ne sont qu'une représentation cartographique du fil d'une actualité plutôt alarmante, sont néanmoins parlantes pour ceux qui savent les décoder.
Mais il est indispensable de mettre en relation cette image cartographique avec les données statistiques qui, elles, ont une dimension systématique dans le temps et l'espace que ne présente pas la carte proposée par Mediapart. Pour cela on peut s'appuyer entre autres sur le site de l'INSEE en particulier le dossier thématique "Travail-Emploi". Cette rubrique propose aussi de télécharger des données sur les taux de chômage par régions ou par départements si on souhaite ensuite faire ses propres cartes à partir de ces données. Pour l'INSEE, ce que j'appelle "géochômage" est baptisé les "Taux de chômage localisés" dont les principes et la méthodologie d'obtention et de calculs sont décrits ici. Il s'agit d'estimations par trimestre ou par année issue d'une "synthèse entre l'enquête Emploi en continu et la source ANPE (demandeurs d'emploi en fin de mois)".
De nombreuses autres informations sont disponibles sur cet autre site de l'INSEE baptisé "Statistiques locales". On pourra s'intéresser en particulier aux cartes thématiques disponibles. Dommage que celles-ci ne soient disponibles que pour très peu de données et pas les plus récentes.

D'aucun affirmeront peut-être que l'INSEE est la voix du pouvoir comme l'ORTF le fut autrefois pour les médias et qu'à ce titre il faut se méfier des chiffres et en particulier des chiffres du chômage qui sont officiellement annoncés. La polémique et le conflit nés ces derniers mois entre certains personnels de l'INSEE et le gouvernement prennent notamment leur origine dans ces conflits d'intérêts sur la production et le diffusion des chiffres du chômage. Un collectif des personnels de l'INSEE, baptisé "Sauvons la statistique publique", dénonce le déménagement forcé à Metz d'une partie de l'institut (1500 personnes) décidé par le gouvernement et le Président de la République pour compenser la ... disparition de régiments militaires dans la région Lorraine (peut-être faudrait-il rajouter les fermetures de régiments sur le mashup cartographique de Mediapart...). On apprend même que "Depuis début décembre, le collectif a trouvé une nouvelle arme : la rétention des indicateurs et des enquêtes. A la place, les correspondants de l’Insee reçoivent quelquefois… des pastiches de rapports. Chacun ses armes !". Si un jour les salariés de Google semettent en grève et ferment l'accès aux serveurs GoogleMaps, une grande partie de la géomatique mondiale risque de s'effondrer aussitôt.

Si on peut comprendre que le mashup cartographique de Mediapart puisse connaître un grand succès, de telles cartes doivent être lues avec beaucoup de circonspection...

Enfin on ne peut que regretter que le site Mediapart ne permette qu'à ses seuls abonnés de consulter son mashup cartographique... Les responsables de Mediapart doivent savoir qu'un chômeur, ancien ou nouveau, commence probablement par limiter ses frais "annexes" pour pouvoir continuer à (sur)vivre; l'abonnement à un journal en ligne comme Mediapart, aussi intéressant soit-il, étant probablement dans la liste des frais annexes. Heureusement que la carte continue à être disponible sur GoogleMaps à l'adresse indiquée ci-dessus sans aucun abonnement.

samedi 27 décembre 2008

La Rumeur des Ages : un moine copiste de cartes anciennes

Au pays des amateurs de cartes anciennes, il est des hasards heureux.
Au détour d'une promenade dans les rues de La Rochelle ces jours-ci, mon regard s'arrêta sur d'anciennes cartes dans la vitrine d'une librairie répondant au doux nom de "Rumeur des Ages" en souvenir d'une oeuvre de Rainer Maria Rilke.
Ma curiosité fut aussitôt piquée et je rentrais pour découvrir les trésors de cartes anciennes autres que celles déjà vues en vitrine. En discutant avec la propriétaire des lieux, celle-ci m'apprît que son mari s'était fait une spécialité de dénicher des cartes et atlas d'antan de toutes nationalités et qu'il les numérisait pour leur donner une seconde vie. Pour rencontrer ce "moine copiste" du 21ème siècle, je devais me rendre à l'atelier de reproduction situé à deux pas de la librairie.
Avant de m'y rendre, je fis l'acquisition de reproductions d'anciennes cartes notamment du siège de La Rochelle de 1573 par le Duc d'Anjou et de celui de 1627-1628 commandé et supervisé par le cardinal de Richelieu, certains de ces documents étant d'origine allemande et hollandaise, l'histoire de la cartographie nous apprenant tout ce que cette discipline doit aux cartographes de l'Europe du nord.

Carte franco-allemande du siège de La Rochelle de 1573


Carte du siège de La Rochelle de 1627-1628 publiée à Strasbourg

Sortant de la librairie, je m'empressais d'aller rencontrer l'auteur de ces travaux de recherche et reproduction dont je pressentais déjà que nous aurions des choses à nous dire. Je découvrais alors un atelier riche en reproductions et en cartes de tous genres où d'emblée j'avais l'impression que je pourrais y passer des heures, voire des nuits entières.
Je fis alors connaissance avec le maître des lieux, André Reynaud, natif de la Saintonge, ancien professeur, passé au monde de l'édition avant de se lancer dans la librairie depuis une vingtaine d'années. Voilà bien longtemps qu'André Reynaud avait eut l'envie de se spécialiser dans la recherche de plans et cartes anciens, en particulier des 17ème et 18ème siècles. Ses recherches l'ont conduit entre autres au Service Historique de la Défense au Château de Vincennes, centre d'archives du ministère de la Défense et des forces armées françaises dont le site Internet rend compte des missions et des travaux.
Je décidai de revenir discuter avec André Reynaud dès le surlendemain pour partager un peu de notre passion commune pour les cartes anciennes. Rapidement je m'apercevais que ce maître cartographe en connaissait bien plus que moi sur le sujet, tant sur les œuvres disponibles qu'il avait patiemment accumulées pendant des années que sur les techniques utilisées par les cartographes d'antan (relief, gravure en creux, taille douce, eau-forte, aquatinte, aquarellage, estampe, planographie, lithographie, etc.).
Aujourd'hui et afin de partager sa passion pour les cartes anciennes, André Reynaud s'est mis à scanner les documents qu'il trouve au fur et à mesure de ses "pérégrinations archivistiques et paléocartographiques" et dont il vend des tirages (du A4 au A0) en noir et blanc ou en couleur, avec une exigence continue de qualité de la numérisation et de l'impression. Il dispose pour cela de toutes les technologies nécessaires, donnant à son atelier une impression étrange de mélange des époques, entre cabinet de curiosités cartographiques d'un autre âge et show-room high-tech de la toute dernière modernité.
Si vous passez par La Rochelle et que vous aimez les cartes et plans anciens (surtout de l'ouest de la France mais s'élargissant en permanence à d'autres contrées), n'hésitez pas à faire un tour à la Rumeur des Ages pour y rencontrer André Reynaud, vous trouverez certainement dans ces lieux votre "bonheur cartographique". D'ici quelque temps, un site Internet présentant les richesses cartographiques et iconographiques disponibles, devrait voir le jour. C'est le fils d'André Reynaud, Thomas, appelé à prendre la succession de son père, qui s'en s'occupe. Si vous passez à l'atelier, vous pouvez aussi faire l'acquisition de reproductions de qualité pour des prix assez modiques, y compris en choisissant la dimension voire la mise en page.

Librairie Rumeur des Ages : 7 rue Dupaty 17000 La Rochelle
Atelier de reproduction : 6 rue des Templiers 17000 La Rochelle
Tél : 05-46-41-17-04 E-mail : rumeur.des.ages@wanadoo.fr

vendredi 26 décembre 2008

Les cartes des origines du Père Noël et de ses déplacements actuels

Le journal Le Monde a présenté en page 15 de son édition datée du 25 décembre 2008, un article intitulé "Les origines du Père Noël" où l'on apprend que l'histoire du Père Noël relève d'une "bataille géopolitique millénaire".
Cet article s'appuie largement sur ceux de Marc Lohez "Géopolitique du Père Noël", "Petite géographie du Père Noël" et "Les territoires du Père Noël", tous publiés sur le site des Cafés Géographiques.
On apprend notamment, dans cette histoire du Père Noël, que celui-ci a beaucoup voyagé. Né probablement vers le 4ème siècle de notre ère dans le bassin méditerranéen sous la protection de Nicolas de Lycie, évêque qui devient protecteur des enfants, le Père Noël a ensuite migré progressivement de l'Asie mineure vers le nord de l'Europe entre le 12ème et le 16ème siècle. Les reliques de cet évêque, devenu Saint Nicolas, sont emportées en Italie du Sud puis en Lorraine. Là Saint Nicolas protecteur des enfants et qui apporte des cadeaux à ceux d'entre eux restés sages, est doublé par un Père Fouettard qui s'occupe, lui, d'attraper les enfants moins sages et de les punir. Puis au cours du 17ème siècle, le Père Noël qui s'appelle alors Sinter Klaas, s'implante plus fortement dans l'Europe du nord malgré une Réforme protestante qui voulait mettre fin au culte des saints. En Alsace et dans certains pays de l'Europe du Nord, le sapin fait son apparition avec son cortège de bougies et de lumières alors qu'en pays catholique ce sont la crèche et ses personnages qui concentrent toutes les attentions.
A l'occasion de la migration hollandaise du 17ème siècle, le Père Noël embarque avec les migrants et traverse l'Atlantique pour se transformer en Santa Claus.
Au cours des 19ème siècle, la figure du Père Noël se transforme petit à petit et sa fête est dorénavant fixée au 24 décembre, coïncidant alors avec l'anniversaire de la naissance de l'enfant Jésus pour les Chrétiens.
En 1885, la légende du Père Noël fixe son domicile au Pôle Nord même si le débat est encore vif aujourd'hui entre les peuples proches du cercle polaire pour décider du lieu exact de vie du Père Noël.
Il ne restait plus qu'à ce que nos "amis du marketing et de la communication" dont je parle régulièrement sur ce blog, s'emparent de cette légende pour que le Père Noël devienne une image d'un grand père sympathique se présentant en train de boire une fameuse boisson gazeuse, avec une grosse barbe blanche, et dont l'habit emprunte comme par hasard sa couleur à la marque qui à partir de 1930 vient de s'emparer de cette légende et de cette icône pluriséculaire pour nous le renvoyer en Europe à grand renforts de publicité à partir du milieu du 20ème siècle.
Cette histoire longue et mouvementée du Père Noël est illustrée par la carte ci-dessous qui provient de l'un des articles de Marc Lohez cités ci-dessus sur le site des Cafés Géographiques.


(Copyright Marc Lohez, Cafés Géographiques)

Aujourd'hui c'est au suivi du voyage du Père Noël que Google nous invite sur le site du NORAD.
Le NORAD est le Commandement de la Défense Aérospatiale de l'Amérique du Nord (NORAD ou North American Aerospace Defense Command). Il s'agit d'une organisation militaire américano-canadienne, créée en 1958, qui est responsable de la défense de l'espace aérospatial et maritime des États-Unis et du Canada.
Très sérieusement, cet organisme indique que pour suivre le Père Noël à la trace, il utilise des radars, des satellites, des caméras et des avions de chasse.
C'est ainsi que Google peut ensuite afficher dans GoogleMaps, les endroits par lesquels est passé le Père Noël au cours de son voyage.


Accéder à la cartographie en cliquant ici

Mais Google propose la même chose sur Google Earth en téléchargeant le fichier kml correspondant.
Décidément, rien n'échappe à Google et à sa toute puissance cartographique.
Rendez-vous en 2009 pour le prochain voyage du Père Noël.

jeudi 25 décembre 2008

Les voyages autour du monde des navigateurs d'antan

Je vous ai déjà parlé sur ce blog des navigateurs qui participent actuellement à la course en solitaire à la voile le Vendée Globe. Les navigateurs encore en course ont fêté Noël hier alors qu'ils sont à mi-parcours. Les medias se sont frotté les mains ces derniers jours des malheurs de Yann Elies, qui, après avoir été assez gravement blessé, a dû attendre 48 heures avant qu'un navire de la marine australienne puisse venir le récupérer en mer. Seul son bateau dérive actuellement au sud de l'Australie quelque part entre les "quarantièmes rugissants" et les "cinquantièmes hurlants" (quelle poésie géodésique!) avant d'être prochainement récupéré.
Si aujourd'hui, ces navigateurs des temps modernes font le tour du monde en bateau pour le plaisir, pour le goût de la compétition (mais aussi un peu pour l'argent), leurs ancêtres, eux, le faisaient pour découvrir le monde. La compétition n'était par leur motivation. Ils avaient alors le temps de le cartographier.
Les Editions La Découverte dans leur collection de Poche "Littérature et voyages" se sont fait une spécialité de publier les récits de ces aventures d'une autre époque et qui sont encore aujourd'hui d'une grande qualité littéraire.
Ainsi on peut citer les quelques titres suivants :
- "Relations de voyages autour du monde" de James Cook
- "Voyage autour du monde par la frégate La Boudeuse et le flûte L'Étoile" de Louis Antoine de Bougainville
- "Voyage autour du monde sur l'Astrolabe et la Boussole (1785-1788)" de Jean-François de Lapérouse

A propos de Lapérouse, une expédition a eu lieu cet automne pour essayer de retrouver les traces du navire de Lapérouse, disparu en mer au large de l'île de Vanikoro le 15 mars 1788. En 1826-1828, Dumont d'Urville était déjà parti à la recherche du navire de Lapérouse. Il établit alors la seule carte de l'île de Vanikoro.

Vous retrouverez sur ce site tous les détails de l'expédition Lapérouse 2008.

Si vous n'êtes pas pressés, n'hésitez pas à embarquer à bord de ces livres et ... des navires du XVIIIème siècle. Comme dirait notre Georges Pernoud national "A bientôt et bon vent!".

mercredi 24 décembre 2008

Les cartographies en ligne de la National Geographic Society

Vous connaissez probablement la National Geographic Society. Fondée en janvier 1888 par deux américains, la National Geographic Society a pour but le développement et la diffusion de la connaissance géographique.

La National Geographic Society finance de nombreux projets d'expéditions ou de recherche à travers le monde dans des domaines très variés (océanographie, archéologie, ethnologie, etc.) et dont elle publie les récits et photographies dans son magazine mensuel et ses ouvrages.
Depuis 1997, la National Geographic Society dispose d'une chaîne de télévision, National Geographic Channel qu'on peut voir sur les réseaux câblés, satellites et ADSL et qui existe aussi en version française.
Depuis 1993, un championnat mondial de géographie est organisé à destination des publics jeunes et scolaires, le National Geographic World Championship.
Dès sa première année d'existence, la National Geographic Society a publié de nombreux magazines dont sa revue mensuelle. Aujourd'hui, cette revue est devenue connue dans le monde entier et elle est traduite dans de nombreuses langues. On la croise même dans certains films ou jeux videos...
En France, la revue est publiée en français depuis septembre 1999 et elle dispose aussi d'un site Internet.
De nombreux ouvrages relatant les expéditions et présentant des reportages photographiques souvent d'une qualité exceptionnelle, sont publiés en anglais et dans de nombreuses autres langues, ainsi que des DVD.
Parmi ses nombreuses ressources, le site Internet de la revue américaine propose de nombreuses cartographies en ligne, de nature et d'usages très variés :
- un Atlas batpisé Xpeditions Atlas
- un site de cartographie en ligne baptisé MapMachine, initialement développé à partir des technologies ESRI et qui semble s'être "converti" à MSLiveSearchMaps
- un globe virtuel interactif présentant l'histoire de l'humanité
- le National Geographic Atlas Explorer
- un magasin en ligne présentant de nombreuses cartes à acheter d'un simple clic

Si vous voulez disposer d'une carte du National Geographic en version papier mais personnalisée, il vous suffit de vous rendre dans la rubrique "My World Personalized Map". Vous pourrez alors indiquer les ajouts qui vous sont personnels que vous souhaitez voir apparaître en superposition des fonds cartographiques du National Geographic.
Voilà de quoi donner des idées à d'autres sociétés savantes ou instituts cartographiques ailleurs dans le monde qui ont comme mission principale le développement et la diffusion des connaissances géographiques en s'appuyant notamment sur la cartographie.

mardi 23 décembre 2008

L'archéologie préventive française à la recherche de ... sa cartographie

Le site Internet de l'Institut National de la Recherche Archéologique Préventive (INRAP) présente l'activité de cette institution, créée en 2002 en application de la loi sur l'archéologie préventive. "L'institut assure la détection et l'étude du patrimoine archéologique touché par les travaux d'aménagement du territoire. Il exploite et diffuse l'information auprès de la communauté scientifique et concourt à l'enseignement, la diffusion culturelle et la valorisation de l'archéologie auprès du public".
Au milieu des années 80, j'étais un jeune passionné d'archéologie et de paléogéographie. Je fus même, un temps, employé par l'organisme prédécesseur de l'INRAP, l'Association pour les Fouilles Archéologiques Nationales (AFAN) sur un chantier archéologique d'un autoroute en cours de construction dans les environs de Clermont-Ferrand. Aves mes collègues, bien que transis par le froid d'un hiver auvergnat, nous dégagions tant bien que mal à la truelle et à la brosse à dent, des squelettes de l'âge du bronze, juste à côté de pelles mécaniques et de bulldozers roulant à toute allure et dont les chauffeurs nous regardaient, parfois, hésitant entre un étonnement apeuré et un sourire un peu narquois. Tout un roman...
Le site Internet de l'INRAP fournit la liste complète sites fouillés à ce jour sur le territoire national.
Pour chaque site fouillé par l'INRAP, on peut trouver son nom, sa localisation à la commune, le lieu-dit éventuellement et une fiche descriptive qui détaille le site et les principaux résultats des fouilles. Dans certains cas, une ou plusieurs photos peuvent accompagner le texte descriptif.
Mais le site Internet n'offre aucune cartographie globale des sites alors qu'il fournit toutes les informations nécessaires. Comme on dit « YAVEPUKA! »
Aussi, en collaboration avec une jeune cartographe rencontrée sur Internet, Anne Leschallier de Lisle qui se définit comme « Cartographe bénévole nomade », nous avons réalisé une cartographie de localisation des 875 sites d'intervention de l'INRAP répertoriés sur son site Internet (851 sites en métropole et 24 dans les territoires des Antilles françaises). Cette carte ci-dessous qui ne représente que le territoire métropolitain, localise les sites de l'INRAP et en même temps fait ressortir par symboles proportionnels, le nombre de sites par communes.

(Cartographie : Anne Leschallier de Lisle, 2008. Cliquer sur la carte pour l'afficher en meilleure résolution)

Bien évidemment, ce genre de carte doit exister à l'INRAP mais aucune trace sur Internet . Pourquoi? Je vous laisse « fouiller » dans votre cerveau et trouver tout seul des éléments de réponses à cette question.
Ce qui est intéressant à noter sur cette carte c'est la relative correspondance entre la localisation des sites et certains des grands travaux de ces dernières années, comme par exemple le réseau TGV et notamment la ligne du TGV (LGVEst ) entre Paris et Strasbourg, ou encore la Route Centre Europe Atlantique (RCEA) dont on peut trouver ici une carte "légèrement" interactive.
Mais s'il ne présente pas le genre de carte globale comme celle fournie ci-dessus, le site de l'INRAP propose néanmoins d'intéressantes Visites virtuelles de certains sites ou encore des atlas et animations cartographiques de quelques unes des découvertes faites lors de chantiers de grandes infrastructures comme par exemple la construction de la LGV Est déjà mentionnée ci-dessus.

Un grand merci à Anne, dont les compétences en cartographie semblent n'avoir d'égale que sa disponibilité. Peut-être que d'autres résultats de notre première « collaboration cartographique » seront publiés sur ce blog. A suivre...

lundi 22 décembre 2008

Il est encore loin le bout du monde ?

Au large de La Rochelle, en France, on peut voir un petit monument de forme hexadécagonale baptisé phare du bout du monde. C'est un phare en bois construit sur pilotis et dont le faisceau lumineux, fourni par sept lampes fonctionnant à l'huile de colza, a une portée de 26 km.

Ce phare est la réplique d'un phare qui se trouve sur l'Ile des Etats en Patagonie. Ce dernier a été construit en 1884 sur cette île qui se trouve au large du Cap Horn au sud de l'Argentine, à l'est de l'extrémité sud-orientale de la Terre de Feu.

Ce phare et les légendes qu'il abrite, sont le sujet et le titre du livre de Jules Verne "Le phare du bout du monde".

Laissé à l'abandon au début du XXème siècle, les vestiges du phare de la Terre de Feu (quel meilleur toponyme pour un phare!), sont découverts un peu par hasard par un habitant de La Rochelle, André Bronner, dit Yul Vernes... Soucieux de contribuer aux échanges culturels entre la France et l'Argentine, André Bronner crée l'Association du phare du bout du monde et il se met en tête, en 1994, de faire renaître ce phare de ses cendres.
En 1998, la phare argentin émet à nouveau. C'est à ce moment-là qu'André Bronner décide de faire construire la réplique du phare du bout du monde au large de La Rochelle. Celui-ci est inauguré le 1er janvier 2000 face à la Pointe des Minimes, après avoir essuyé la tempête de décembre 1999, qui l'a détruit en grande partie.
Comme quoi, l'aventure, si elle est parfois au bout du monde, peut aussi se trouver pas très loin de chez nous.
Mais cela ne semble pas suffir à certains. Ainsi, une expédition baptisée "Patagonia2009" se prépare actuellement. En voici le programme "D’Ushuaïa à Coyhaique en passant par le Cap Horn, en voilier, puis, au cœur des fjords patagons, à bord de deux kayaks, nous partons 6 mois, durant l'hiver 2009, pour un périple de 3 000 Km. Dans le sillage de peuples disparus, à la recherche d’un environnement incitant à la réflexion, pour redécouvrir notre civilisation, y réfléchir, partager...". Ah! "L'aventure c'est l'aventure"...
Et puisque le site de cette expédition affirme "Est-il besoin d’ajouter des mots quand les cartes disent si bien ?", voici donc le parcours cartographique de cette expédition qui se veut un véritable "périple philosophique".

Je ne sais pas si le bout du monde est encore loin, mais il est des cartes dont on ne voit pas le bout...

dimanche 21 décembre 2008

L'univers de la géodésie comme cadeau de Noël

Ce qui est bien avec nos "amis du marketing et de la communication" dont j'ai déjà parlé dans ce blog, c'est que rien ne les arrête pour parler de tout avec tout. Autrement dit, leur capacité à associer des produits avec des univers parfois très éloignés (et aussi étranges que celui de la géodésie) n'en finit pas de m'étonner...
Ainsi, et encore une fois sans vouloir faire de publicité, je suis tombé hier par hasard sur les produits de la marque GEODESIS®. Celle-ci propose des objets diffuseurs de senteurs (bougies parfumées, bâtons diffuseurs et vaporisateurs d'ambiance, etc.) censées vous évoquer des régions du monde entier. En faisant l'achat de ces parfums d'intérieurs, vous êtes invités au voyage en fermant les yeux, en ouvrant toutes grandes vos narines et surtout en ne sortant pas de chez vous... Cela m'a fait penser à cet ouvrage de Xavier de Maistre "Voyage autour de ma chambre" que j'ai dans ma bibliothèque.

(Copyright GEODESIS®)

Dans un premier temps, je me suis demandé si ces bougies parfumées n'étaient pas des objets promotionnels (goodies comme disent les gens du marketing et de la comm' qui aiment bien user d'anglicismes) pour faire la promotion d'appareils de GPS. Appeler GEODESIS, des bougies parfumées, il fallait y penser et l'oser.
"GEODESIS® est née de l’idée d’associer un parfum à une région du monde(...) Forêts de sapins baumiers du Grand Nord canadien, figuiers des îles grecques, plantations de thé de Chine ou de pamplemoussiers de Floride, atolls fleuris de Polynésie... Nous vous souhaitons un merveilleux voyage plein de rêves et d’émotions." C'est dans ces termes évocateurs que le site Internet de la société fait la promotion de la gamme de ses produits.
En fait, en explorant de fond en comble le site Internet, et à part l'image d'une carte du monde utilisée comme support visuel au logo de la société et de la gamme de ses produits, il y avait bien peu de lien entre le monde de la géodésie et celui de ces produits à parfumer. Mais après tout, peut-être que ces marchands de voyage parviennent-ils à susciter nos sens de l'orientation et du voyage uniquement avec un nom et une senteur, tout comme Albert Proust arrivait à faire revivre son enfance en ne mangeant qu'une madeleine trempée dans son thé....
Alors si vous êtes en panne et surtout en retard de cadeau de Noël, allez jeter une narine du côté de ces produits. Cela vous donnera peut-être des idées... voire l'envie d'aller passer Noël ailleurs que sous nos latitudes.
Après la géographie à toutes les sauces, voici donc la géodésie à toutes les senteurs. Bon voyage...

samedi 20 décembre 2008

Aller découvrir l'île de Pâques pendant les vacances de Noël

Si vous habitez en région parisienne ou si vous venez à Paris pendant les fêtes de Noël, n'hésitez pas à aller visiter l'Exposition "Rapa Nui, l'île de Pâques" organisée par la Fondation EDF DiversiTerre. Cette exposition propose aux visiteurs de partir à la découverte de l'île de Pâques, de son patrimoine, de ses paysages et de ses habitants, les Pascuans, porteurs d’une civilisation encore assez mal connue. Le dossier de presse de l'exposition est une très bonne introduction à la visite.

L'exposition a lieu du 20 novembre 2008 au 1er mars 2009 et elle se tient à l'Espace Fondation EDF 6, rue Récamier 75007 Paris (entrée libre tous les jours de 12 h à 19 h sauf les lundis et jours fériés).
L'île de Pâques dont le nom en langue māori "Rapa Nui" signifie "la grande lointaine", est une île qui fascine les occidentaux. Elle tient son nom du fait qu'elle fut visitée pour la première fois par un Européen, le navigateur néerlandais Jakob Roggeveen, le jour de Pâques le 5 avril 1722.
Elle fut annexée par l’Espagne en 1770 et devint une possession chilienne en 1888. Aujourd'hui, l'île de Pâques dépend totalement du Chili qui lui a accordé le statut d'un département, rattaché à la région de Valparaiso.
Depuis 1995, le patrimoine exceptionnel de l’île est protégé et inscrit au Patrimoine mondial de l'Humanité par l'UNESCO. Des parcs ou réserves naturelles, parfois surveillés, enserrent les zones des vestiges.
L’île se trouve à 3 700 km des côtes chiliennes et à 4 000 km de Tahiti. De forme triangulaire et mesurant 23 km dans sa plus grande dimension, l'île présente une superficie de 162 km². La population comptait environ 3300 habitants en 2002 alors qu'elle en comptait environ 4000 lors de sa découverte en 1722.

(Source Wikipedia)
Cette île, la plus à l'est de toute l’Océanie, est célèbre pour ses vestiges mégalithiques des Rapanui. Le patrimoine archéologique comprend environ 900 statues de pierre taillées dans le basalte, les moaïs, d'une hauteur moyenne de 4 m et de près de 300 terrasses empierrées au pied de ces statues. La communauté Rapanui veille sur les traces de son histoire et constitue un pouvoir parallèle au gouvernement officiel chilien.

(Source Wikipedia)
Chaque année 40 000 touristes se rendent sur l'île, constituant ainsi la première ressource de l'économie de l'île.
Ce qu'on sait peut-être moins c'est que la piste d'aviation du seul aéroport situé au sud-est de l'île, a été aménagé par la NASA pour permette l'atterrissage des navettes spatiales en cas d'urgence.

vendredi 19 décembre 2008

Europeana : un projet qui a failli bien démarrer

Le 20 novembre dernier, le projet de bibliothèque numérique européenne Europeana a été officiellement lancé.


Europeana se veut la réponse de la bergère européenne au loup américain Google dont le projet Google Books a défrayé la chronique en 2006.
On trouvera l'historique et les principes d'Europeana sur son site.
Pour résumer, l'idée d'Europeana est de permettre aux internautes d'accéder à des millions d'objets (images, tableaux, livres, archives, journaux, videos, etc.) disponibles dans les bibliothèques, les musées et lieux d'archives européens, numérisés et rendus ainsi facilement accessibles.
Mais le jour du lancement du site.... patatra! A peine ouvert, le site est devenu aussitôt indisponible. Le soir même de son lancement, le site est obligé de fermer du fait de son incapacité à supporter le nombre de connexions (le site a enregistré jusqu'à 10 millions de click d'utilisateur en une heure).
Cela ne vous rappelle rien ? Le site des archives de l'INA en mai 2006 et celui du Geoportail de l'IGN, un mois plus tard, ont connu les mêmes déboires. Tout comme pour Europeana, ces sites avaient été lancés à fort renfort de publicité dont on pouvait s'attendre à ce que l'un des premiers résultats soient un très grand nombre de connexions les premiers jours.
Dans ces moments, on est tenté de se demander, après d'autres, "Y a -t-il un pilote ans l'avion?". Autrement exprimé, on peut s'interroger sur la façon dont ces projets sont dimensionnés...Manque de moyens financiers pour acheter les serveurs adaptés? Manque de coordination entre les techniciens et les responsables de la communication ? Manque de clairvoyance sur ce qu'une annonce du lancement d'un site tant attendu peut provoquer comme afflux de visiteurs surtout au début?...
Depuis cette semaine, le site Europeana est à nouveau accessible mais avec cette mise en garde très prudente en page d'accueil "Le nouveau système informatique d'Europeana est actuellement en phase de test. Le site est accessible à la consultation. Toutefois, l'utilisation peut ne pas être optimale durant cette période (par exemple: le nombre d'utilisateurs restera limité en période de pointe)". Une jolie façon d'alerter ceux qui voudraient se hasarder à consulter le site que si celui-ci ne marche pas, personne n'a le droit de râler car les gens étaient prévenus...
Ce qui fonctionne pour l'instant c'est la page de toutes les institutions européennes (environ 150 partenaires et contributeurs) qui ont signé un accord pour participer à ce projet.
La page annonçant la possibilité de créer des communautés, est, pour l'instant, "pas vraiment opérationnelle"...
En revanche, j'ai fait une recherche sur le mot "carte" et les résultats m'ont un peu rassuré. Le site fournit bien des résultats de cartes anciennes ou récentes numérisées même si cela semble un peu dans le désordre. Mais les résultats renvoient aussi sur d'autres documents un peu étranges dont on se demande le lien avec le mot saisi pour la recherche. Ainsi le mot "carte" m'a fait découvrir le tableau ci-dessous dont l'auteur est Anto Carte, un peinte belge (1886-1954) dont j'ignorais tout.

(C) Photo CNAC/MNAM, Dist. RMN - Jean-François Tomasian

Mais finalement, n'est-ce pas aussi cela l'intérêt d'un site comme Europeana de vous faire découvrir des ressources inconnues dès lors que vous acceptez de vous perdre dans des rayonnages virtuels.

Si vous voulez découvrir ce que le site permettra quand il sera totalement remis de ses émotions, voici un site du démonstrateur d'Europeana.
Encore un peu de patience et je suis sûr que le site nous réserve de bien belles surprises, autres que celle de son non-fonctionnement.

jeudi 18 décembre 2008

La confusion des cartographies

En plagiant le titre d'un ouvrage de Stefan Zweig, je souhaite revenir aujourd'hui sur le Café-Carto 2.0 auquel j'ai participé hier à La Cantine, un lieu devenu connu du petit monde de l'Internet sur Paris.
Et d'abord de quoi s'agissait-il ? Derrière le titre et ce que j'en avais compris dans un premier temps, se cachait en fait une initiative pour faire se rencontrer des gens qui s'intéressent de près ou de loin à la cartographie de l'information ? Kezako ? Il s'agit en fait de représenter ou visualiser l'information, terme générique pour désigner tout (ou presque) : savoir, connaissance, lieu de vie, réseau social, activité professionnelle, formation, etc. Quelques explications et de terminologie sont disponibles notamment sur ce site. On peut citer l'ouvrage récemment paru "Cartographie des connaissances : ouvrage "Information et visualisation. Enjeux, recherches et applications" qui serait une bonne introduction au sujet. L'Internet regorde de sites sur le domaine comme Kartoo ou encore le wiki MapDream.
Je ne m'attarde pas plus sur ce domaine que je découvre totalement. Un colloque Carto 2.0 a eu lieu en avril dernier qui a réuni 250 personnes.
Donc pour cette soirée, il fallait se présenter en 3 minutes en s'appuyant sur une mise en scène de soi en utilisant n'importe quelle forme de représentation.
Finalement, lorsque ce fut à mon tour, je n'avais plus droit qu'à 1 minute pour me présenter... L'exercice fut forcément frustrant. J'aurais aimé rajouter que outre le fait d'être géographe et cartographe de formation (ce dont je ne chercherai jamais à me soigner), je constate que la cartographie, celle que je connais un peu, envahit notre quotidien. GoogleMaps, GoogleEarth, GPS, cartographie sur téléphones mobiles, etc... La carte est partout et les types de cartes qu'il nous est donné d'utiliser dans notre quotidien s'homogénéisent de plus en plus au profit de quelques unes. Ainsi d'aucun pourrait croire que GoogleMaps constitue une représentation reconnue et admise par tous comme la seule possible, ou à tout le moins comme la plus objective. Or la notion de cartographie objective n'existe pas.
Mais plus que le constat que LES cartographies (et non pas LA cartographie) nous envahissent, c'est le fait que les usages des cartographies qui nous sont proposées visent en fait à nous permettre de nous représenter de plus en plus au centre du monde. Les réseaux sociaux de l'Internet 2.0 sont de formidables théâtres à l'auto-mise en scène et les géolocalisations et cartographies qui nous sont proposées avec (Panoramio, Flickr), sont les nouveaux décors de nos quotidiens numériques virtualisés.
D'où la mise en scène géographique que j'avais préparée pour le Café Carto 2.0, à la fois pied de nez à GoogleMaps qu'il est facile d'"aménager" ou de faire tricher, et mise en scène ironiquement égocentrique, en pensnat au web cartographique 2.0 ...

Cela ne vous dit rien ? Mais si, voyons. Le projet "The World" au large de Dubaï dans les Emirats Arabes Unis.


Les autres convives ont présenté leur propre cartographie, souvent très personnelle, où JE était au centre de schémas, graphiques, dessins, jeux de go, etc. parfois en forme d'arbre (si j'ai bien compris).
Point d'ironie polémique ou de moquerie méprisante dans mes propos, mais je dois avouer que je suis resté sur ma fin (mais pas sur ma faim puisqu'il y avait moultes pizzas à consommer). J'aurais aimé qu'on puisse vraiment échangé sur ces différentes cartographies, leurs principes, leurs règles, leurs origines, leurs objectifs, leur raisons d'être. Je me suis demandé si l'usage du terme de cartographie 2.0 (dont je pensais qu'il désignait la cartographie sur le web à la sauce de l'Internet 2.0) dans le domaine de la gestion de l'information, n'était pas représentative, par une dérive sémantique, d'une tendance lourde à faire croire que tout signifie tout.
"Tout est dans tout et inversement" disait Pierre Dac. Allons plus loin. Si "Tout signifie tout", alors "Tout vaut tout". Une égalité totalisante assez terrifiante...
En reprenant le titre de l'ouvrage de Cyntia Fleury "Les pathologies de la démocratie", je me demandais si je ne venais pas d'assister à une soirée de présentation d'une des "pathologies de la cartographie". Tout est-il vraiment cartographiable?
La cartographie 2.0, celle d'hier soir, ne servirait-elle pas à permettre à leurs usagers d'essayer de se tirer un peu au clair pour voir où ils en sont (dans leurs connaissances, dans leur parcours professionnel, dans leur vie)? Le succès des réseaux sociaux numériques est peut-être à mettre sur le compte d'un besoin grandissant à se mettre en scène sur des territoires égocentrés, en se mettant au centre de tout, d'où l'on peut tout voir, tout savoir sur les autres et d'où, à l'inverse, on peut être vu de tous et de partout. Paul Virillio, qui a co-préparé avec Raymmond Depardon l'exposition "Terre natale" dont ce blog a déjà parlé ici, appelle cela la "mégaloscopie", une sorte de mégalomanie appliquée au besoin de tout voir, dont Google est un acteur majeur. "Derrière l'addiction optique, la pulsion scopique, la pulsion mégaloscopique, on peut le dire avec Google, c'est l'être animé qui se modifie".
Finalement, le Web 2.0 ne serait-il pas cela ?...
Pour finir, je tiens à remercier les organisateurs (en particulier Christophe Tricot, Claude Aschenbrenner, Prosper Carlis) qui m'ont permis d'ouvrir mes horizons et, je l'espère, de pouvoir à l'avenir découvrir davantage et mieux comprendre ce que ce domaine nouveau pour moi peut avoir comme convergence possible et croisement fertile tant sur le plan conceptuel que sur le plan opérationnel, avec le monde de la cartographie que ce blog tente d'aborder et d'illustrer. J'espère que j'aurai l'occasion de prolonger ce début d'échange en d'autres lieux et en d'autres circonstances, plus propices à l'argumentation.

En rentrant chez moi en métro, au moment de m'assoir sur un siège de la station en attendant la prochaine rame, mon regard est tombé sur un journal gratuit laissé là et où la cartographie numérique faisait sa pub.

J'ai trouvé cela amusant et cela m'a fait penser à un autre billet de ce blog.

mercredi 17 décembre 2008

De la cartographie thématique dans Google Earth

Sur le site de Björn Sandvik on peut découvrir comment ce norvégien a développé un outil, baptisé Engine, dorénavant disponible en OpenSource et qui permet de réaliser de la cartographie thématique dans Google Earth.
Björn Sandvik a passé en 2008 son Master of Sciences en information géographique intitulé "Using kml for thematic mapping". Il est actuellement Project Manager à l'association des Nations Unies de Norvège (United Nations Association of Norway)
Sur son blog, Björn Sandvik met à disposition le support d'une présentation qu'il vient de faire au Googleplex, le siège de Google à Mountain View.
Using KML for Thematic MappingView SlideShare presentation or Upload your own. (tags: kml google)

Grâce à l'outil Engine accessible depuis une interface simple d'utilisation, on peut choisir dans une liste de données mises à disposition (données provenant des Nations Unies), on peut choisir parmi différents modes de représentation cartographique thématique proposés.


Ensuite on peut prévisualiser le résultat et surtout générer les fichiers KML qu'on peut télécharger et ouvrir sur son poste avec Google Earth.
Dans l'exemple illustré ci-dessous, j'ai retenu la variable du nombre d'utilisateurs d'Internet pour 100 personnes en 2005, histoire d'illustrer la "fracture numérique mondiale".
J'ai choisi une discrétisation en 5 classes d'intervalles égaux et j'ai généré les quatre types de représentation possible :
- carte choroplèthe


- carte en prismes


- carte en barres


- cartes en symboles proportionnels (polygones réguliers)


Si vous voulez vous y amuser, c'est assez simple d'usage mais surtout cela permet d'illustrer comment le message des cartes peut être très clair ou très confus ou encore comment certains modes de représentation et/ou de discrétisation permettent de faire ressortir plus ou moins clairement le message voulu. Voici donc un petit exercice de "manipulation cartographique" dans tous les sens du terme.

mardi 16 décembre 2008

Spykee ou la télésurveillance à porter de souris

Spykee ça vous dit quelque chose ? Depuis quelques mois, la célèbre marque de jouets Meccano a lancé une série de trois modèles Spykee, le dernier né de ces mini-robots espions dont on se demande si ce sont encore des jouets.
Spykee peut se déplacer, prendre des photos, enregistrer des vidéos grâce à sa caméra, diffuser des MP3, effectuer de la surveillance grâce à un détecteur de mouvement, et téléphoner avec le système VoIP. Spykee est "Skype compatible" ce qui veut dire que vous pouvez aussi le téléguider par la voix grâce à un service de voix et video sur IP comme Skype.
Le robot Spyke est disponible à la vente depuis fin octobre 2008 pour environ 300 €TTC mais il est déjà beaucoup moins cher sur eBay...
Il existe en 3 modèles : robot, véhicule lunaire, scorpion : à quand le modèle Concorde, Ptérodactyle ou ULM?...
"Un monde plus fun avec Spykee le robot espion WiFi!" tel est le slogan choisi par la société Meccano pour promouvoir ce robot à construire, piloté à distance par un ordinateur via WIFI. Eh oui, piloter un mini-robot en WiFi depuis son ordinateur, quelle extase!... Et il y a même un site fait pour jouer et gagner un exemplaire. Mais ce qui vaut le coup c'est de lire que "Spykee est une nouvelle forme de réseau social, un nouvel outil de communication. Spykee vous permet de vous déplacer dans votre appartement ou celui de vos amis, pour être toujours plus proche d'eux. Spykee vous offre la possibilité de vivre et de partager des moments uniques. Une expérience qui décuple vos sens et vous plonge dans une nouvelle aire de jeu". Wooaaooohhh !!!… Comme disait Pierre Desproges "Etonnant non ?"
Mais Meccano n'en finit pas de nous surprendre car le robot est livré avec un logiciel OpenSource... alors là on se dit que c'est carrément génial et que monsieur tout le monde va pouvoir rentrer dans le code, le modifier, le distribuer, etc. et surtout faire de son robot un quasi-précog, vous savez ces êtres humains mutants qui, dans le film Minority Report, peuvent prédire les crimes à venir grâce à leur don de préscience...
Pour ne pas vous faire languir plus longtemps, voici l'un des spots publicitaires, non pas pour faire la promotion de ce produit mais pour vous faire découvrir les discours mis en scène par "nos amis du marketing et de la communication" dont on a déjà lu ci-dessus leur capacité à inventer des formules chocs.

Voici une autre vidéo. Il s'agit de la présentation de l'engin sur un salon par une personne qui semble être intéressée à promouvoir l'objet.

Voici une une autre video de présentation du mini robot espion.

Enfin, voici en anglais la video du montage de l'engin.


Pourquoi vous parler de cet engin ? Non pas parce que c'est bientôt Noël.
Mais si vous voulez utiliser ce "merveilleux petit robot" pour commencer à produire vous-mêmes votre propre StreetView ou HomeView grâce à son appareil photo et sa caméra embarqués, rien de plus facile. Et il suffit de rajouter un guidage par interface cartographique Internet de votre mini-robot en l'équipant d'un système GPS. Voilà, le tour est joué!
Vous voyez où je veux en venir?...
Si vous faites l'acquisition de cet engin dans les prochains jours, surtout pensez bien à le mettre en marche le soir de Noël dans votre salon pour voir qui descend par la cheminée...

lundi 15 décembre 2008

Les atlas du Monde

Il est des publications qui devraient être décrétées d'utilité publique. La collection des atlas du journal Le Monde en feraient partie (Hors-Série co-édités avec le journal La Vie). Deux ont récemment été publiés :
- l'Atlas des migrations
- l'Atlas des religions

Pour chacun d'eux, ce sont 200 cartes et de très nombreux chiffres qui sont présentés et commentés par des journalistes ou des spécialistes du sujet.
Bien évidemment, je ne prétends pas que ces ouvrages sont parfaits. D'aucun pourra y trouver quelques erreurs ou imprécisions, voire certains partis pris. Mais l'important est de regrouper une masse considérable d'informations provenant de sources aussi nombreuses que diverses et de les mettre à disposition du public en proposant une interprétation et une mise en forme cartographique parmi d'autres possibles.
Les cartes sont réalisés par l'Atelier de Cartographie de Sciences-Po auquel je consacrerai prochainement un billet.

A noter sur le sujet des migrations la réédition récente par les Editions Autrement de l'"Atlas des migrations dans le monde : réfugiés ou migrants volontaires" auquel les Cafés géographiques avaient consacré un article en 2005 ainsi que l'"Atlas de l'immigration en France". Cette collection d'atlas des éditions Autrement, que j'ai déjà eu l'occasion de citer plusieurs fois sur ce blog, devrait également bénéficier du statut d'utilité publique.
Comme pour ces différents ouvrages, j'aimerais qu'un Ministre de l'Education Nationale décide de les diffuser gratuitement dans tous les établissements scolaires de France. Mais il semble que le Ministre ait d'autres soucis en ce moment...

dimanche 14 décembre 2008

Le Ministère des Affaires Etrangères vous présente ses cartes

Rassurez-vous, il ne s'agit pas d'évoquer ici les "mots doux" d'un Ministre des Affaires Etrangères pour sa Secrétaire d'Etat aux Droits de l'Homme...
Le Ministère des Affaires Etrangères (plus communément appelé le Quai d'Orsay) propose sur son site Internet une interface cartographique, illustrée ci-dessous, pour faciliter la navigation dans les informations disponibles pour la très grande majorité des pays du monde.
(Copyright MAEE)

En cliquant sur chaque pays, on peut accéder à un dossier complet présentant des informations synthétiques sur la géographie du pays, son régime politique, son économie, les droits de l'homme, etc. mais aussi des informations sur les relations entre ce pays et la France ainsi qu'entre ce pays et l'Europe.
(Copyright MAEE)

Pour les voyageurs, il est possible de compléter ses connaissances à partir du lien vers le site "Conseils aux voyageurs" qui détaille les informations que doivent connaître les voyageurs ainsi que les précautions qu'ils doivent prendre avant de partir pour le pays concerné, surtout en cas de crise.
A ce propos, le Ministère s'est doté récemment d'une cellule de gestion de crise qu'on peut découvrir ici et où l'usage de la cartographie tient une place prépondérante. Cette entité résulte de la fusion de deux anciens services du Ministère, la sous-direction de la Sécurité des personnes et la délégation à l’Action humanitaire. Cette cellule a comme principe de "coordonner l’action du ministère, en réponse à toutes les crises internationales impliquant des ressortissants français ou appelant une réponse humanitaire, que la crise soit de nature politique ou liée à une situation de catastrophe naturelle ou autre. Les 50 agents du centre assurent son fonctionnement 24h/24h, en liaison avec tous les autres ministères concernés". Depuis son ouverture en juillet dernier cette cellule a déjà été mobilisée à plusieurs reprises, notamment début décembre lors de la crise en Thaïlande.

Il existe au Ministère une Division Géographique (au sein de la Direction des Archives) que vous pouvez découvrir en images ici. Je serais vraiment curieux de pouvoir m'y rendre un jour...ou de pouvoir me transformer en petite souris pour m'y installer de façon durable et "déguster" à l'envie les cartes qui s'y trouvent.

Enfin, le 10 septembre dernier, le Ministère a fait déployer une carte géante de l'Union Européenne sur la pelouse du Champs de Mars à Paris.

samedi 13 décembre 2008

Le projet E-Corce du CNES : de l'imagerie satellitaire métrique disponible vers 2010 et 2015

Le projet E-Corce (e-Constellation d’Observation Récurrente Cellulaire) du CNES vise à mettre en oeuvre un accès facilité et à moindre coût à des ressources en imagerie satellitaire à haute résolution. Ce projet est né dans le cadre des réflexions prospectives du CNES sur les applications de l'industrie spatiale pour répondre aux besoins de la société à l'horizon 2025. E-Corce s'appuiera sur une distribution originale des images depuis 50 centres répartis en plusieurs endroits du globe dont la mise en réseau et l'accès aux images s'appuiera bien évidemment sur Internet. Lorsqu'il sera opérationnel, E-Corce proposera aux internautes des images précises de la terre, en couleur, à une résolution métrique, régulièrement mises à jour issues et qui seront facilement accessibles et à des coûts "relativement bas".
L'imagerie satellitaire métrique est déjà une réalité et pas seulement dans le domaine militaire, avec des satellites comme Ikonos, Quickbird, TerraSAR-X ou encore KOMPSAT-2.
Le projet E-Corce s'appuiera sur des pléiades de satellite à haute résolution (mis au point dans le cadre d'un programme franco-italien de coopération) dont le premier doit être lancé en 2010. Si le CNES a initié ce projet, il reste à en trouver le financement. Et là ce n'est pas gagné. Les industriels ont été sollicités pour trouver les 400 millions d’euros nécessaires pour permettre à ce projet de "prendre son envol".
Ce projet a fait l'objet du dépôt de pas moins de 4 brevets par le CNES pour... "verrouiller l’ensemble du concept" (sic). Est-ce à dire qu'à l'heure d'un accès de plus en plus rapide et facilité à l'imagerie géographique numérique notamment satellitaire, et de l'émergence des premiers projets de données géographiques libres, le CNES a opté pour une conception "privateuse" de l'accès à ce type d'information ?...
Je vous invite à (re)voir la présentation de ce projet par le CNES.

On sera peut-être surpris d'entendre l'un des responsables du projet affirmer qu'"il semble qu'à l'échelle du mètre, on ne voit pas grand chose qui soit lié à autre chose que des bâtiments, des routes, voire des voitures, mais je pense qu'on ne rentre pas encore dans la sphère intime des gens et que si c'est une pression, ce n'est pas une pression insupportable ..."

De façon complémentaire, vous pourrez trouver dans cette page une vidéo de la présentation du projet par ses principaux responsables.
Espérons que ce programme voit le jour selon le calendrier actuel indiqué par ses promoteurs et qu'il ne connaisse pas les mêmes avatars que le programme européen GALILEO...

Je profite de ce billet pour vous signaler que le CNES a réalisé un petit film à (re)voir ici sur sa vision de ses missions, de quelques usages des satellites et de leur perception par les citoyens : entre film promo-publicitaire et court métrage.

vendredi 12 décembre 2008

L'IGN Belgique

Saviez-vous que la Belgique a aussi son Institut Géographique National ? Vous trouverez sur son site toutes les informations sur cet institut, son histoire, ses missions, les produits et services qu'il propose, 
J'en profite pour vous signaler que l'IGN Belgique a organisé en 2008, à l'occasion de son 175ème anniversaire, une exposition intitulée "La Belgique en cartes"  dont un ouvrage a été tiré. Celui-ci est consultable et peut être commandé à partir de cette page.
Un site interactif a également été mis en oeuvre autour de cette exposition. Il est ainsi possible de comparer deux extraits de cartes ou d'orthophotographies portant sur une même zone afin de voir cartographiquement l'évolution de l'occupation du sol mais aussi l'évolution historique des règles de cartographie utilisées.

Dans sa rubrique consacrée aux ressources disponibles en ligne, l'IGN Belgique propose des cartes administratives et des cartes des voies de communication à télécharger. En voici deux d'entre elles.

A noter la disponibilité en ligne sur le site d'outils de conversion de coordonnées entre systèmes géodésiques utilisés en Belgique.

Je profite de cet article pour utiliser la nouvelle fonction de géolocalisation de billets dans Blogger, l'outil de Google sur lequel s'appuie ce blog. Tout est expliqué ici (Merci à Luc de l'avoir signalé sur son site Baliz-Media). Le résultat de cette géolocalisation des billets apparaît ci-dessous par un toponyme qui, en cliquant dessus, ouvre GoogleMaps en centrant sur le toponyme tel qu'il est localisé dans GoogleMaps.

jeudi 11 décembre 2008

"Les cartes qui venaient du froid"

La semaine dernière, ce blog évoquait la tenue de la Conférence sur le réchauffement climatique à Poznan en Pologne. Pour illustrer concrètement ce phénomène, de nombreuses publications, ressources documentaires et cartes, sont disponibles sur Internet.
Ainsi, sur France 5, un reportage a été diffusé ces jours-ci sur le Groenland "Groenland les pétrodollars de la banquise" de Jean-Yves Cauchard et Elsa Le Peutrec. Cet excellent reportage qui intègre bon nombre de cartes et animations cartographiques, peut être visionné gratuitement ici jusqu'au 22 décembre.
D'autres cartes, tout aussi instructives, sont apparues sur le même sujet dans le reportage "Les fonds marins. Le nouvel eldorado" diffusé sur ARTE le vendredi 5 décembre qui montre notamment les appétits russes (en rouge sur la carte ci-dessous) sur une partie des zones polaires progressivement libérées des glaces.


Le site du Ministère Canadien des Ressources Naturelles "Atlas du Canada" propose également de nombreuses cartes et d'autres documents. Ainsi sur le thème du changement climatique, on pourra consulter utilement les documents et cartes concernant le climat ou encore les glaces de mer depuis une vingtaine d'années sur les pourtours du Canada.
A noter que ce site, très pédagogique, propose une consultation interactive des planches de la première édition de l'Atlas du Canada publiée en 1906.

Pour compléter les informations et comprendre les enjeux géopolitiques et stratégiques de l'évolution en cours de la géographie de l'Arctique, Le Courrier International a réalisé dans son numéro 935 du 2 au 8 octobre 2008 un excellent dossier sur le sujet "Arctique : L’autre guerre froide", riche en cartes provenant notamment de l'ouvrage d'Eric Canobbio "Atlas des pôles" paru en octobre 2007 aux Editions Autrement.

En regardant ces différents documents, on comprend très vite tout l'intérêt pour certains acteurs et Etats de l'ouverture progressive, du fait de la fonte de la banquise, de deux passages pour les marchandises et les hommes : le passage du Nord-Ouest et le passage du Nord-Est.

Le passage du Nord-Ouest (en rouge) long de 14000 kms, est nettement plus court que l'actuel passage par le Canal de Panama (en vert)long de 18200 kms (image réalisée à partir de NASA World Wind)

Il ne faudrait pas oublier de rappeler l'existence dans l'Arctique et ces zones circumpolaires, de populations, dont les Inuits (mais il existe des dizaines d'autres peuples), dont on pourra trouver ici diverses cartes de leurs espaces de vie et de déplacements et de leurs revendications territoriales.

Profitons de ce billet pour indiquer que suite au vote massif des Groenlandais en faveur d'une autonomie élargie vis-à-vis du Danemark, le 25 novembre dernier, le risque devient de plus en plus grand que le Groenland considéré déjà comme un "pays à la dérive", tombe encore davantage dans la zone d'influence du grand Sam.

mercredi 10 décembre 2008

60ème anniversaire de la signature de la Déclaration Universelle des Droits de l'Homme

Aujourd'hui on célèbre le 60ème anniversaire de la signature de la Déclaration Universelle des Droits de l'Homme (DUDH)
Le 10 décembre 1948, les 58 Etats Membres qui constituaient alors l’Assemblée générale ont adopté la DUDH à Paris au Palais de Chaillot. Pour commémorer son adoption, la Journée des droits de l'homme est célébrée chaque année le 10 décembre.
On ne peut que constater le peu de cartes présentes sur Internet pour illustrer la situation du respect ou des violations des droits de l'homme dans le monde.
Voici néanmoins quelques exemples :
- la situation pour les droits de la presse en 2007 (source : RSF)


- la situation de la peine de mort en 2007 : un mashup de Makina Corpus à partir des données du site Ensemble Contre la Peine de Mort

- situation de la pratique de la torture en 2007


Parmi les organisations luttant pour la défense des droits de l'homme citons Amnesty International dont on peut retrouver illustrer l'histoire et les principales actions en cartes.

On peut aussi indiquer le site de Maplecroft qui propose un outil de cartographie interactive par thèmes ainsi que des cartes anamorphosées (ou cartogrammes) sur tout un ensemble de thèmes parmi lesquels certains concernent les droits de l'homme.

Pour ce site qui s'intéresse à l'espace, aux voyages et à notre rapport à nos lieux de vie, il serait intéressant de réaliser une carte de la liberté de circulation à moins que cela n'ait été déjà fait.

mardi 9 décembre 2008

Cartographie des risques d'avalanches

Ces derniers jours, cinq skieurs ont été emporté par des avalanches dans les Alpes en France et en Italie. Sans se prononcer sur l'origine de ces accidents et la part de responsabilité des skieurs, il est néanmoins indispensable de rappeler que la montagne, comme la mer, peut être dangereuse. Il n'est donc jamais trop prudent de bien se renseigner avant de partir sur les pentes enneigées, auprès de Météo France et des autorités locales et surtout d'avoir pris connaissance des bulletins météo et d'avoir bien repéré les zones à risques d'avalanches. Celles-ci sont balisées par les personnels des stations de sport d'hiver en particulier à l'aide de barrières et de panneaux indicateurs des dangers présentés sur ce site de prévention.
Il existe une échelle européenne de danger d'avalanche allant de 1 à 5 et qui permet d'informer sur un degré de dangerosité des lieux en tenant compte notamment du manteau neigeux et des conditions météorologiques du moment.
Sur le Geoportail de l'IGN, il existe une rubrique expliquant les informations disponibles sur ce site à propos des avalanches qui permet ainsi d'afficher en 2D ou 3D la couche d'information sur les zones à risques d'avalanches par-dessus l'un des fonds cartographiques disponibles dans le Geoportail.
Le CEMAGREF propose également, en liaison avec divers partenaires le site www.avalanches.fr réalisé pour le compte du Ministère de l'Ecologie et du Développement Durable, très instructif et riche en ressources documentaires sur les avalanches et les programmes d'études et de recherches en cours.
Ce site présente notamment les Cartes de Localisation des Phénomènes d'Avalanche (CLPA) et propose aussi au format PDF les plans départementaux des départements concernés par ce type de phénomène.
Les CLPA se composent d'une carte et de fiches signalétiques, deux documents indissociables, diffusés simultanément.
A côté de la CLPA existe un autre type de document, l'EPA, l'Enquête Permanente sur les Avalanches.
"L'EPA est une chronique d'événements sur certains sites sélectionnés, alors que la CLPA est une carte-inventaire des emprises maximales des phénomènes pour toutes les avalanches. Leurs informations représentent des données d'entrées incontournables pour l'étude et la gestion du risque. Attention, l'EPA et la CLPA n'indiquent pas l'aléa ou les risques d’avalanche, ni en fréquence, ni en intensité. Elles ne sont pas adaptées aux besoins des pratiquants de la montagne, lesquels doivent baser leur choix d'itinéraire essentiellement sur les conditions nivo-météorologiques du moment".
Ces deux documents sont consultables ici.


Le CEMAGREF explique également dans cet autre site que "la CLPA est passée au peigne fin depuis 2002 afin d’être à la fois rénovée, mise à jour et étendue".
Enfin, Météo France n'est pas en reste avec une rubrique de son site consacrée aux avalanches qui propose notamment des Bulletins des Risques d'Avalanches qui ne sont valables qu'en dehors des pistes balisées et ouvertes. Ce site présente aussi un support cartographique modeste du découpage en secteurs des BRA sur les trois principaux massifs montagneux du territoire.

lundi 8 décembre 2008

Remise du Prix Nobel de Littérature à J-M-G Le Clézio

Hier soir à Stockholm, le nouveau lauréat du Prix Nobel de Littérature, J-M-G Le Clézio a prononcé son discours de réception, intitulé "Dans la forêt des paradoxes" en partie disponible ici.
L’écrivain doit recevoir le 10 décembre son prix des mains du roi de Suède, en compagnie des autres Nobel 2008 (sauf celui de la paix qui est remis à Oslo le même jour). Cette cérémonie doit être retransmise en direct sur Internet.
Le prix Nobel lui est remis en tant qu'"écrivain de nouveaux départs, de l'aventure poétique et de l'extase sensuelle, explorateur d'une humanité au-delà et en-dessous de la civilisation régnante".
J-M-G Le Clézio déclarait récemment que "Quand on écrit, on aimerait être invisible, n'être qu'un regard porté sur le monde".
Dans l'un de ses ouvrages, "Gens des nuages" (Gallimard, 1999), écrit avec sa femme Jémia, il affirmait : "Il se pourrait que le devenir des hommes, fait d'injustice et de violence, ait moins de réalité que la mémoire des lieux, sculptée par l'eau et par le vent".
Un dossier est consacré à Le Clézio est disponible ici sur le site de France Culture.
Parmi les nombreuses interviews de Le Clézio disponibles sur Internet, on peut (re) voir ou (re)écouter les suivantes :
Cette première vidéo est l'entretien accordé par l'écrivain à Vincent Josse dans l'émission Esprit Critique sur France Inter quelques heures avant l'annonce de l'attribution du prix Nobel de littérature le 9 octobre dernier.


Cette seconde vidéo est un reportage diffusé sur France le 14 avril 2006 où l'on voit Le Clézio interviewé à Albuquerque, l'un des lieux de vie de l'écrivain dans l'état du Nouveau Mexique aux Etats-Unis, juste à côté de la frontière mexicaine, manipulant une carte tout en écrivant. Il déclare notamment "Pour celui qui écrit, le monde n'est jamais connu. C'est en l'écrivant qu'on le découvre au fur et à mesure".


Enfin, en remontant le temps, grâce aux archives de l'INA, on peut revoir la première interview de Le Clézio qui date de 1963 lorsque celui-ci, âgé de 23 ans, parlait de son premier livre Le Procès Verbal (Gallimard, 1963).
Dans "Le Procès Verbal", Le Clézio écrivait qu'il y avait "d'énormes espaces vierges à prospecter, d'immenses régions gelées s'étendant entre auteur et lecteur".

Le Clézio, même s'il est né à Nice, se considère de culture mauricienne et de langue française. Une occasion pour (re)découvrir, le Pays de Maurice, ce pays de l'Océan Indien situé à l'ouest de l'île de la Réunion.


Source : Wikipedia

dimanche 7 décembre 2008

Middle Earth in Google Earth

Vous connaissez peut-être l'oeuvre de J.R.R. Tolkien, l'auteur de la trilogie du "Seigneur des Anneaux" dont l'adaptation cinématographique, réalisée entre 2001 et 2003 par Peter Jackson a remporté 11 oscars (un record !).
J.R.R. Tolkien, né en 1892 et mort en 1973, philologue, linguiste, était professeur de linguistique à Oxford. Outre l'anglais, il parlait et parfois enseignait le vieil et le moyen anglais, des langues germaniques (norrois et gotique), l'afrikaans, le latin, le grec, l'hébreu, le gallois et le finnois. Mais il n'aimait pas le français. Tolkien inventa plusieurs langues comme le quenya (langue des Hauts Elfes), le sindarin (langue des Elfes de la Terre du Milieu), l'adûnaic (langue de Númenor), etc.
Tolkien inventa aussi plusieurs systèmes d'écriture dont une cursive (Tengwar de Fëanor) et un alphabet de type runique (Cirth de Daeron).
Mais c'est par son oeuvre qu'il devint célèbre surtout à partir du milieu des années 50 et dans les années 60.
Dans une grande partie de ses écrits, il est fait mention de la Terre du Milieu, qui est un monde totalement inventé par l'écrivain dont il a emprunté le nom à la mythologie scandinave. Il existe plusieurs représentations cartographiques de cet univers imaginaire dont voici une tentative de mise en forme dans Google Earth.
video

Bien d'autres écrivains que Tolkien ont inventé des mondes imaginaires. Que ce soit dans des romans comme Julien Gracq et son Rivage des Syrtes ou dans des bandes dessinées. Nous y reviendrons régulièrement dans ce blog.
Anar kaluva tielyanna !

samedi 6 décembre 2008

Le Vendée Globe et la cartographie numérique

Partis des Sables d'Olonne le 9 novembre dernier, les concurrents en tête de la course à la voile en solitaire le Vendée Globe, sont arrivés aujourd'hui au large du Cap de Bonne Espérance à la pointe sud de l'Afrique.
Les trente navigateurs au départ ont choisi l'une des courses les plus prestigieuses qui consiste à faire un tour du monde en solitaire, sans escale et sans assistance.
Le record à battre est de 87 jours, record détenu par Vincent Riou, le dernier vainqueur en date.
Le parcours à suivre, indiquée sur la carte ci-dessous, conduit les navigateurs d'ouest en est.

On sait que les navigateurs utilisent tous la cartographie numérique à bord pour suivre leur route et celle de leurs concurrents mais il s reçoivent aussi tous les jours les images satellites et les cartes météo pour décider de leur stratégie de course. Ils accèdent à l'Internet par connexion satellitaire.
La position des navires et issue des balises de localisation et d’assistance dont ils sont équipés. Les messages sont émis vers les satellites Iridium, et transmis au centre de traitement de CLS, filiale du CNES, qui décode les positions des skippers et livre les résultats au PC Course mais alerte aussi sur les dangers auxquels sont exposés les navigateurs, notamment les icebergs de plus de 150m détectés sur des images satellite radar européen Envisat.
Sur le site de la course, réalisé par l'agence web Actinext, on peut découvrir deux types de cartographies régulièrement mises à jour:
- la carte du parcours des concurrents qui consiste en une cartographie semi-interactive où on peut découvrir la position des bateaux et leurs routes en affichant quelques informations pour faciliter la lecture de la carte (fiche par bateau, grilles, vents).


- la carte de la situation météo fournie et commentée par Météo France

(© Météo France)

A côté de la vraie course il existe une course virtuelle baptisée Virtual Regata qui permet de se prendre pour un navigateur avec un bateau virtuel (60 pieds), les conditions météo réelles de la course, une route et une tactique de course à choisir.
A ce jour, le site compte pas moins de 185376 skippers virtuels dont le vainqueuru remportera 10 000 euros.
L'interface du site de la course virtuelle, présenté ci-dessous, propose une cartographie interactive comme le site de la vraie course.


(© 2002-2008 MANY PLAYERS)

Ce jeu est à l'image de beaucoup de mondes virtuels : excitant en permanence et sans véritable danger. Bref tout le contraire de la vie réelle... sauf en cas d'addiction. Ainsi, hier on a pu découvrir dans un reportage diffusé sur France 2, quelques uns de ces skippers virtuels, certains accros comme ce dentiste en train de suivre la course virtuelle sur son écran tout en intervenant sur une patiente...


Pour les amateurs de Google Earth, il existe le fichier du parcours de la course disponible ici.
Sur le Google Earth Blog on trouve un fichier KMZ mis à jour toutes les six heures et qui permet ainsi de suivre la position et le classement des navigateurs.

A noter qu'il existe un site pour le jeunes, baptisé Vendée Globe Junior, qui propose des contenus pédagogiques comme une mallette comprenant notamment une carte ainsi que des fiches pédagogiques. Le site permet aussi de consulter les travaux pédagogiques réalisés par des classes d'élèves encadrés par leurs enseignants. Tout ce petit monde peut aussi rentrer en contact avec les navigateurs et échanger par mail avec eux et parfois par video.

vendredi 5 décembre 2008

Vous connaissez les cartes et les photos anaglyphes ?

Qu'est-ce qu'une carte anaglyphe ? Ceux qui ont fait des études de géographie ("Je vous parle d'un temps que les moins de vingt ans...") doivent se souvenir d'avoir vu ce genre de documents et les lunettes qui les accompagnent.
Une carte anaglyphe exploite le principe d'un anaglyphe qui remonte au milieu du 19ème siècle et dont les premiers dispositifs datent de la fin du 19ème siècle.
Un anaglyphe est constitué de deux images superposées et de couleurs complémentaires, représentent la même scène mais vue de points légèrement décalés. Ce décalage appelé aussi parallaxe ou disparité, n'est pas le même entre tous les points des deux images. Habituellement, la vue gauche en rouge et la vue droite en cyan. Ces images sont d'images faites pour être vues en relief avec des lunettes équipées de filtres d'une couleur différente pour chaque oeil (dites aussi lunettes polarisées ou lunettes 3D). Ces lunettes exploitent la faculté de stéréoscopie du cerveau humain qui utilise le décalage entre les deux yeux pour percevoir le relief.
Si vous êtes déjà allés à la Géode à Paris vous avez peut-être vu l'un des films projetés et qui exploitent cette technologie.
De nombreux problèmes existent pour permettre à tout un chacun de visualiser correctement de telles images. Ainsi certains individus ne perçoivent pas la stéréoscopie. De plus les dispositifs techniques, notamment sur ordinateur, posent des problèmes de qualité des couleurs et donc de qualité de la perception du relief.
Vous trouverez sur ce site plein d'explications détaillées et de ressources. Vous pourrez aussi voir des extraits de film en 3D sur ce site. Pour ces deux sites, vous devez disposer des fameuses lunettes pour voir en relief.
L'internet propose des images anaglyphes de la terre, vue du sol ou depuis les airs.
Ainsi ce site propose des images de plusieurs lieux en relief et en particulier les Alpes vues d'avion.
Voici une photo anaglyphe du glacier de la Mer de Glace dans le Massif du Mont-Blanc :


Cette image (à regarder avec les lunettes) est à comparer de l'image ci-dessous que j'ai réalisée dans Google Earth à peu près au même endroit que la précédente.


Je me demande si Google (ou un autre acteur de l'imagerie géographique et cartographique numérique) ne va pas prochainement nous proposer ce genre d'images en 3D. Ce serait un pas de plus vers un monde virtuel qui, pour ceux qui voudraient bien y croire, pourrait ressembler de plus en plus au monde réel...

jeudi 4 décembre 2008

La cartographie numérique fait sa pub

Je ne sais pas si vous avez remarqué mais regardez autour de vous en ville et ouvrez n'importe quel magazine fait pour vous donner des idées de cadeaux, vous verrez que la cartographie numérique envahit les panneaux et encarts publicitaires. Qu'il s'agisse de téléphones portables ou d'appareils GPS, la cartographie numérique semble constituer une idée insistante de cadeaux en ces temps de listes au Père Noël. Est-ce un véritable engouement populaire pour les cartes et les voyages ou plus simplement une nouvelle idée de "nos amis du marketing" qui ont découvert que l'argument de vente qu'est la mobilité passe par l'image de la carte ? Comme quoi les cartes ne servent pas qu'à faire la guerre mais aussi à vendre de la haute technologie...
Petit florilège de photos prises dans le métro parisien ces jours-ci :





A ce propos, la géolocalisation des mobiles et des contenus qu'ils peuvent produire sont de plus en plus d'actualité comme le montrent plusieurs annonces récentes de constructeurs de téléphones portables et opérateurs de réseaux. Ainsi Nokia vient de lancer viNe qui se veut un "programme gratuit de géolocalisation de sa vie numérique". Dans le même temps, Nokia sort le N97, qui "inaugure le concept de “géolocalisation sociale”". On apprend aussi que désormais, la géolocalisation de ces appareils est une histoire d'"intuition" et plus de technologies... Rien d'étonnant pour la firme finlandaise quand on sait que celle-ci a comme intention "d'atteindre les 50% de terminaux Nokia équipés en moins de 4 ans".
Ces informations sont à rapprocher de l'acquisition par Nokia cette année de la société NAVTEQ comme je l'ai déjà évoqué ici.
De son côté, ORANGE n'est pas en reste puisqu'il suffit de consulter le site de la marque éponyme pour constater que le GPS s'immisce de plus en plus dans les mobiles et les abonnements qu'elle propose à la vente.
BouyguesTelecom propose aussi plusieurs mobiles et abonnements pour vous permettre de "vous évader en toute liberté".
Et comme il est difficile d'envisager de citer les deux prinicpaux opérateurs mobiles français sans citer le troisième, indiquons que SFR propose, lui aussi, une offre de mobiles et d'applications (notamment les PagesJaunes et l'emplacement des bornes Vélib' à Paris) permettant une navigation utilisant la puce GPS intégrée dans certains mobiles ou un équipement GPS connecté par BlueTooth.
Par ailleurs, Apple, après avoir changé de stratégie concernant la puce GPS intégrée dans cet équipement, a beaucoup mis en avant les fonctionnalités de navigation lors de la sortie récente de son iPhone 3G. De nombreuses applications utilisant la fonction GPS de l'iPhone sont disponibles.
A l'occasion de son Androïd Developper Challenge, Google a aussi voulu montrer l'importance des applications exploitant la fonction GPS disponible dans les téléphones mobiles, les PDA et smartphones qui pourront prochainement tourner avec le système d'exploitation OpenSource Androïd, conçu par Android, une start-up rachetée par Google en août 2005. Une présentation des meilleurs applications de géolocalisation pour cet environnement est disponible ici sur le site RenalId.

Enfin, on apprend que SAGEM ORGA va prochainement développer des des cartes SIM intégrant un récepteur A-GPS.

Le GPS dans les téléphones, vous n'avez pas fini d'en entendre parler. Mais méfiez-vous quand même de ne pas trop écouter les voix du GPS, celles-ci sont censées être impénétrables...et parfois dangereuses si vous ne prêtez plus attention au reste. Une campagne récente du Ministère de l'Ecologie et du Développement Durable vient de rappeler que le téléphone au volant représente aujourd’hui la 4ème cause de mortalité sur la route.

mercredi 3 décembre 2008

Quand le Président parle de géolocalisation

A l'occasion de son déplacement du 2 décembre 2008 à l'hôpital psychiatrique d'Antony dans les Hauts-de-Seine, le Président de la République a parlé de géolocalisation. Son discours est actuellement disponible en page d'accueil du site de la Présidence de la République. Extrait de son discours :
"Nous allons d'abord réalisé un plan de sécurisation des hôpitaux psychiatriques et la Ministre de la Santé a dégagé 30 Millions d'euros. Ces investissements serviront à mieux contrôler les entrées et les sorties des établissements et à prévenir les fugues. Quand un patient hospitalisé d'office sort du périmètre autorisé par son médecin, l'équipe soignante doit en être informée tout de suite. Certains patients hospitalisés sans leur consentement seront équipés d'un dispositif de géolocalisation qui, si cela se produit, déclenchera automatiquement une alerte. Ce système est déjà utilisé à l'hôpital, par exemple dans des unités qui soignent des personnes atteintes de la maladie d'Alzheimer. Ca permettra de rassurer les personnels et d'alléger votre tâche".

Ainsi la géolocalisation est évoquée comme l'un des moyens de suivre les personnes malades mais aussi les personnes pouvant constituer un danger pour le personnel hospitalier. Après de tels propos, je m'interroge sur l'image dont cette technologie va bénéficier auprès du grand public : outil au bénéfice des malades et de leurs familles dans le cadre d'une démarche thérapeutique ou bien outil de contrôle de malades qui pourraient être considérés, un peu trop vite, comme des criminels potentiels? N'oublions pas que les autres types d'individus déjà "placés sous surveillance électronique" sont des personnes mises en examen ou condamnées et autorisées à exécuter une partie de leur peine en dehors de la prison pour une durée de moins d'un an ou encore ayant purgé leur peine mais sous suivi socio-judiciaire ou interdites de séjour. Un débat public sur les usages des dispositifs de géolocalisation pourrait être utile, la CNIL elle-même n'étant qu'une autorité de contrôle des usages et non pas un lieu de débats.

En évoquant l'usage de tels dispositifs pour des personnes souffrant de la maladie d'Alzheimer (soit 800 000 personnes actuellement en France), le Président de la République fait allusion à l'utilisation de ces dispositifs dont les premiers usages opérationnels remontant à 2006. En voici quelques uns actuellement disponibles.
- le système Geophone de la société SENSOR TRACK TECHNOLOGY
- le système GPS Secure de la société Geopointer
- le système Geotek100 proposé par la société Geotek
- le système espagnol Keruve,
- le système Columba de la société canadienne Medical Intelligence

Bien d'autres dispositifs existent. Certains ont été mis en oeuvre comme par exemple en région Bourgogne pour des malades d'Alzheimer mais pas seulement au sein de l'hôpital comme le montre cette vidéo.

mardi 2 décembre 2008

Quand le chemin de Google Earth mène à Rome

Plusieurs blogs de géomatique se sont faits l'écho ces derniers jours de la disponibilité d'une nouvelle couche de données dans Google Earth concernant une reconstitution en 3D de nombreux bâtiments et monuments de la Rome antique. Une video de présentation (en anglais mais sous-titrée en français) est disponible ci-dessous à propos de cette ressource. Aujourd'hui, si de nombreux chemins mènent à Google, Google Earth, lui, mène à Rome.

Pour découvrir cette couche, se rendre dans le bloc de menu à gauche "Infos pratiques" puis choisir la couche "Gallerie" puis la sous-couche "La Rome antique en 3D".
Le blog de Google Earth fournit quelques explications sur l'origine des très nombreux modèles 3D de bâtiments et de monuments de l'ancienne Rome utilisés par Google Earth. Il s'agit d'une reconstitution de Rome en 320 après Jésus Christ, lorsque la capitale romaine comptait environ 1 million d'habitants sous le règne de l'empereur Constantin 1er.
Les modèles 3D s'appuient sur une reconstitution intitulée “Plastico di Roma Antica” créée par des archéologues et maquettistes entre 1933 et 1974 et visible au Musée de la Civilisation Romaine à Rome. Les modèles 3D numériques sont issus d'une scannérisation des modèles physiques de la maquette. Google s'est associée avec une société de production "Rome Reborn Project and Past Perfect Productions" pour créer cette nouvelle couche d'objets en 3D qui comporte plus de 6700 modèles de bâtiments. En cliquant sur l'un des 250 lieux disponibles inclus dans cette couche dans Google Earth, on peut découvrir tout un ensemble d'informations complémentaires (topographie, références bibliographiques et documentaires).
Voici quatre vues dans Google Earth du Colisée, l'autre nom de l'Amphithéâtre Flavien, construit par l'empereur Vespasien et qui pouvait contenir environ 50 000 spectateurs.

Vue des ruines actuelles du Colisée d'après la couverture satellitaire actuelle

Vue de la reconstitution en 3D du Colisée du Colisée sur une topographie reconstituée de la Rome antique

Vue de la reconstitution en 3D sur la couverture satellitaire actuelle

Vue de la fiche avec des informations complémentaires sur le Colisée

A titre de comparaison voici deux de nos stades modernes vus par le même Google Earth sur la couverture satellitaire actuelle et avec un modèle 3D. Conservez bien ces images, elles pourraient servir pour les archéologues et maquettistes 3D du futur.

Vue du Stade de France en 3D

Vues du Parc des Princes en 3D

Afin de favoriser l'émergence d'usages pédagogiques de cette nouvelle couche par des publics scolaires, Google a annoncé un concours baptisé "The Ancient Rome Curriculum Contest", ouvert à tous les enseignants de collège... mais seulement aux Etats-Unis. Dommage... Je suis sûr que les élèves et enseignants du monde entier auraient eu tout autant d'idées que leurs homologues américains. Allez, encore un petit effort pour que tous les chemins de Google conduisent au monde entier et pas seulement aux Etats-Unis.

lundi 1 décembre 2008

Conférence de Poznan sur le réchauffement climatique

Aujourd'hui s'ouvre à Poznan en Pologne la Conférence des Parties (COP14) de la Convention Climat et du Protocole de Kyoto. Sous l'égide du Secrétariat des Nations Unies dans le cadre de la Convention sur le Changement Climatique.
Cette conférence devrait être une étape importante dans le processus engagé à Bali et devant aboutir, en décembre 2009 à Copenhague, à un accord sur les engagements dits "post-2012".
La dernière conférence en date, qui a eu lieu à Accra au Ghana à la fin du mois d'août, s'est achevée sur une note plus positive que celles des réunions de Bangkok et Berlin.
A propos de changement climatique, je vous invite à visiter le site Climate Policy Map et en particulier le module de cartographie interactive. Ce site, qui a été réalisé par Imprint, se veut une plate-forme de dialogue et un réservoir à idées ("think tank") pour les entreprises engagées dans une politique de "responsabilité sociale pour un développement durable". Les contenus de ce site proviennent de l'entreprise Ecologic et de l'Institute for International and European Environmental Policy, et d'Econsense qui est le Forum pour le Développement Durable des Entreprises Allemandes.
Derrière tous ces termes, ces appellations, parfois ronflantes, l'intérêt reside dans l'accès à de l'information fiable et scientifiquement valable et le support cartographique proposé par ce site est particulièrement facile d'usage et ses résultats cartographiques très pédagogiques.
En guise d'illustration de ce billet et pour ceux qui douteraient du bien-fondé des hypothèses et scénarios sur le changement climatique en cours, voici une petite illustration. Il s'agit d'une carte du glacier des Pélerins dans le Massif du Mont-Blanc extraite d'un "Atlas des formes du relief" publié par l'IGN en 1951. Cette carte a été numérisée et "plaquée" sur un extrait en 3D de la même zone vue par le satellite dans GoogleEarth.


Extrait de la carte de l'IGN de 1951 dans Google Earth : le glacier est particulièrement développé dans tout le fond de la vallée


Même zone dans GoogleEarth mais sans la carte de l'IGN : le glacier des Pélerins a presque totalement disparu de la vallée
 
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