La revue Hérodote vient de publier son n°130 consacré au thème "Géographie, guerres et conflits". On trouvera sur le site des Cafés Géographiques une petite présentation de ce numéro de la revue.
A cette occasion, il est intéressant de faire un petit retour en arrière sur l'histoire de cette revue lancée par Yves Lacoste, professeur de géographie, à l'initiative de cette revue et auteur du livre paru en 1976 et dont le titre est devenu une fameuse formule "La géographie ça sert d'abord à faire la guerre".
Voilà dix ans, le Café Géographique du 3 novembre 1998 avait déjà interrogé Yves Lacoste sur le thème "La géographie sert-elle toujours à faire la guerre ?". Dans le compte-rendu de cette réunion-débat, on peut notamment lire ceci :
"Une série d’interventions pose (...) le problème de la limite et des liens entre la géographie universitaire et la géographie/géopolitique appliquées concrètement (politique, guerre etc...). Lacoste avait attaqué la géographie, une "géographie de professeurs" qu’il opposait à une géographie de l’action ; il considère aujourd’hui que l’universitaire qui publie contrairement à un géographe au service d’un camp, peut être utile au citoyen en mettant de l’information à sa disposition.
Enfin, les géographes de l’action que sont les militaires peuvent faire des erreurs car il y a forcément un camp qui fait un mauvais raisonnement. Les philosophes (comme Bernard Henri-Lévy), ne veulent pas expliquer ou cartographier car cela pourrait légitimer. C’est ce que Sivignon appelle le "péché cartographique" : la carte est un instrument de division ; mais la carte peut aussi monter des réseaux, des liaisons".
L'édition 2008 du FIG (Festival International de Géographie) qui s'est tenu à St-Dié du 2 au 5 octobre 2008 avait pour thème «Entre guerres et conflits. La Planète sous tension»).
On lira en particulier avec intérêt dans les actes le résumé de l'intervention d'Yves Lacoste qui déclare, toujours en référence à son ouvrage cité ci-dessus "Bien sûr, la Géographie, moyen d’action , ne sert pas seulement à faire la guerre, puisque le raisonnement géographique est l’outil de toute grande entreprise".
On pourra aussi lire l'article de Paul Claval "Les outils géographiques pour penser la guerre, penser la paix".
A propos de la guerre et de ses cartographies, signalons la sortie de l'ouvrage d'Ashley & Miles Baynton-Williams "Les grandes batailles par les cartes" Paris, Géo, 2008. 224 pages.
NB : A noter que le FIG 2008 a organisé cette année la 1ère édition du concours "Géovisualisation et cartographies dynamiques". En en trouvera ici les résultats des projets lauréats.
vendredi 14 novembre 2008
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